Trousse de soin en main, une douzaine de médecins bénévoles se mettent au cœur de la manifestation dans la capitale. Leur mission c’est de soigner les blessés, et ceux qui sont asphyxiés par les bombes lacrymogènes.
Il est 15h à Analakely ce mercredi 1er octobre. Les grenades lacrymogènes viennent de tonner. Cinq médecins en blouse blanche s’engouffrent dans le tunnel d’Ambohidahy, direction Anosy.
Dans leurs mains, leurs trousses de soins, prêtes à intervenir. Leur mission : trouver les blessés éventuels après ce court affrontement entre manifestants et forces de l’ordre.
Ces médecins bénévoles se glissent au cœur de la manifestation menée par la génération Z dans la Capitale.
Depuis mardi, ils se répartissent en groupes de cinq à six et sillonnent les quartiers où les affrontements se font sentir. Une présence silencieuse mais essentielle.
«En tant que citoyens, nous nous sentons responsables, car nous avons vu de nombreuses personnes blessées, entre autres, dans les médias. C’est pour réduire ces blessures et les éventuels décès que nous avons lancé cette initiative, afin de pouvoir nous entraider entre compatriotes », explique Dr Domoina Rafanomezantsoa, médecin bénévole
A l’initiative de ce groupe de médecins bénévoles se trouvent trois entités : l’association Voilà-Voilà, l’association Vato Nasondrotrin’ny Tany, qui les assiste, et le cabinet Domoina Soa Kanto d’Ambondrona. Ensemble, elles se donnent comme mission de veiller sur les manifestants.
Mardi, jour où les manifestations ont été les plus intenses, les médecins du mouvement confient avoir pris en charge une cinquantaine de blessés pour les premiers soins. Une journée durant laquelle ils ont aussi appris comment intervenir dans des manifestations. « Hier (mardi), nous avons déjà tiré une petite leçon, car nous avons dû prendre en charge des patients au milieu des échauffourées. Certains de nos collègues ont même été affectés par les gaz lacrymogènes et n’ont pas pu travailler correctement. Aujourd’hui, nous avons mis en place le groupe de travail, en collaboration avec le cabinet Soa Kanto et d’autres. S’il y a des incidents, nous amènerons les patients là-bas et nous les prendrons en charge. Si possible, nous ferons également les soins sur place, dans les environs immédiats », conclut le Dr Domoina Rafanomezantsoa.














