Antananarivo, 6 Mai, 7h15 – Le tribunal de première instance d’Antananarivo affirme décider “en toute indépendance” dans l’affaire opposant l’Etat à un médecin-colonel soupçonné d’attentat au cocktail molotov. Dans un communiqué officiel publié lundi par le ministère de la justice, le tribunal indique que la chambre de détention qui a décidé de la mise en liberté d’une prévenue dans le cadre de l’affaire a “statué en toute indépendance”. Le même communiqué souligne également que le juge d’instruction qui a décidé de placer la prévenue sous mandat de dépôt le 29 avril a aussi “statué en toute indépendance”.
Le parquet, de son côté, ne s’est pas opposé à l’opposition formulée par la prévenue sur demande de l’Exécutif, mais le tribunal invoque une disposition constitutionnelle pour expliquer cette position. Il met notamment en avant le “principe de la subordination hiérarchique des membres du parquet prévu par l’article 110 de la Constitution” pour justifier que le procureur de la République ait reçu un ordre du ministre de la Justice. Selon cette disposition, “les magistrats du ministère public sont soumis à la subordination hiérarchique, toutefois dans leurs conclusions ou réquisitions orales, ils agissent selon leur intime conviction et conformément à la loi”.
Dimanche, lors de son émission spéciale diffusée sur la chaîne de télévision publique, le président de la République Andry Rajoelina avait explicitement demandé la libération de la prévenue. Dans sa déclaration, le chef d’Etat avait dénoncé que les proches d’un suspect soient emprisonnés dans le cadre d’une affaire qui ne concerne que le suspect en question. “Si un chef de famille commet une infraction, cela ne doit en aucun cas avoir des répercussions sur son épouse ou ses enfants”, avait-il indiqué. “Quand il y a des divergences d’opinion, il ne faut pas s’en prendre à l’épouse ou aux enfants, cela ne se fait pas, ce n’est pas acceptable”, avait-il ajouté, insistant qu’il n’est “pas juste d’impliquer quelqu’un qui n’a rien à voir avec l’affaire”.
Fin avril, la justice avait inculpé un certain nombre de suspects dans une suspicion d’attentat au cocktail molotov. Les informations transmises par la police nationale indiquent que des individus avaient déposé des bouteilles de cocktail molotov devant les bureaux du Pôle anti-corruption (PAC) aux 67Ha et de la Villa Pradon à Antanimena. Parmi les suspects figure un médecin-colonel qui avait été arrêté le 14 avril et s’était enfui alors qu’il avait été placé en garde à vue. L’épouse de ce suspect a également fait partie des personnes ayant fait l’objet d’enquête. Après sa comparution devant le juge d’instruction, elle a été placée en détention préventive le 29 avril, et a formé opposition au mandat de dépôt le 30 avril, selon le tribunal d’Antananarivo.














