Antananarivo, 22 Juin, 11h25 – Quelle était la nature de la substance toxique qui a tué au moins 23 personnes depuis le samedi 14 juin? “Les analyses des tests envoyés à l’étranger sont encore en cours et nous en attendons les résultats”, confie Narindra Rakotoniaina, procureure de la République près le tribunal de première instance d’Antananarivo lors d’une tournée sur des journaux télévisés de la Capitale samedi soir. Elle rappelle néanmoins que “les tests déjà réalisés à Madagascar par les experts ont permis de savoir qu’une substance hautement toxique et dangereuse a été détectée et que cette substance hautement toxique et dangereuse a été ingérée par les victimes”.
Mercredi, le ministre de la Santé publique, le Pr Zely Randriamanantany, a indiqué que les tests effectués à Madagascar ont consisté à expérimenter la toxicité de certains aliments servis lors de la fête d’anniversaire à l’origine des décès. Il a notamment indiqué que les vomis et les restes des aliments soupçonnés de contenir le poison ont été administrés à des souris qui en sont immédiatement mortes. Pour connaître la nature de la substance en question, le président de la République Andry Rajoelina a parlé de l’envoi des échantillons à l’étranger pour être testés parce que Madagascar ne dispose pas des moyens nécessaires pour le faire.
Outre l’attente des résultats des analyses toxicologiques médico-légales permettant d’identifier les substances mortelles contenues dans les échantillons, la procureure de la République indique que les enquêtes se poursuivent. “Des personnes doivent encore faire l’objet d’interrogatoire, d’autres doivent encore être convoquées et des téléphones doivent encore être examinés”, indique-t-elle sur la chaîne de télévision publique.
Bien que les enquêtes se poursuivent et que certains tests soient encore en cours, la procureure rassure que “si des suspectes ont été placées en détention préventive par le juge d’instruction, c’est parce qu’il y a des charges suffisantes”. Outre les résultats des tests de toxicité sur animaux de laboratoire, elle évoque les résultats de l’exploitation des données contenues dans le téléphone des suspectes et sur les images des caméras de surveillance du site où a eu lieu la fête d’anniversaire, ainsi que ceux de la perquisition menée à leur domicile. “Des éléments liés à l’empoisonnement ont été retrouvés au domicile de l’une des suspectes”, souligne-t-elle sur TV Plus.
Lors de sa tournée sur les chaînes de télévision, la procureure précise que sur les huit suspects qui ont comparu vendredi, “trois femmes ont été placées en détention préventive tandis que les cinq autres individus ont été placés sous contrôle judiciaire”. Interrogée sur les charges qui pèsent sur les prévenus, elle indique “ne pas pouvoir dévoiler les secrets de l’instruction”. Vendredi, elle a juste annoncé que les suspects sont inculpés d’empoisonnement et de complicité. Elle a notamment fait référence à l’article 302 du Code pénal qui punit de réclusion criminelle à perpétuité toute personne reconnue “coupable d’assassinat, de parricide ou d’empoisonnement”.














