Antananarivo, 27 Novembre, 9h30 – “Trois petites offres conditionnées et temporaires”. Après avoir dénoncé la demande de suppression de taxes formulée par les opérateurs en télécommunication, le gouvernement rend publique la proposition de baisse de tarifs que ceux-ci auraient faite en échange. Les opérateurs auraient proposé que le forfait de 3 000 ariary passe à 1,1 Go, celui de 5 000 ariary à 2,5 Go et celui de 10 000 ariary à 5,5 Go, indique un communiqué conjoint publié mercredi par le ministère du Développement numérique, des postes et de la télécommunication, le ministère de l’Economie et des finances et le ministère de la Communication et de la culture.
Comparée au prix actuel de ces forfaits, la proposition que les autorités attribuent aux opérateurs est de 50%, sachant que 3 000 ariary permettent actuellement d’obtenir 550 Mo de data mobile, 5 000 ariary donnent droit à 1,02 Go de data mobile et 10 000 ariary à 2,25 Go. Mais selon le communiqué des trois ministères, ces offres “ne garantissent aucune réduction durable, et pour certaines, imposent l’usage du mobile money”. “Elles ne concernent pas non plus, ni les forfaits majeurs ni les usages essentiels : éducation, recherche, information, services administratifs et financiers”, s’insurgent-ils encore. Pour les autorités, les baisses des prix doivent être “réelles, simples, visibles et applicables immédiatement sur les forfaits que les Malgaches utilisent au quotidien”.
Les trois ministères s’indignent d’autant plus que “les ménages à faibles revenus paient l’internet beaucoup plus cher que les plus riches”. Ils dénoncent les prix actuels qui font que “pour un Malgache qui n’a que 500 Ar par jour à consacrer à la connexion, 1 Go lui revient à 5 000 Ar”, alors que “pour une personne capable d’acheter un forfait de 200 000 Ar, 1 Go lui revient à seulement 2 000 Ar”. Ils parlent d’une “situation injuste et socialement intenable” qui “pénalise les jeunes, les familles modestes, les ruraux, précisément ceux que le numérique devrait aider à sortir de la précarité”.
Le même communiqué rappelle, par ailleurs, le refus du gouvernement d’accéder à la demande de suppression des taxes additionnelles, qu’il qualifie de “taxes structurantes du secteur”. L’effacement des taxes devant être inclus dans la loi de finances, les trois ministères estiment “inacceptable” “cette pression exercée pour modifier, à la dernière minute, les règles fiscales du pays”. Evoquant la garantie de 400 milliards d’ariary de recettes fiscales pour 2026 soulevée par les opérateurs, ils parlent de “projections d’intérêts privés sur lesquelles l’Etat ne peut inscrire sa politique budgétaire”.
Contactés, les opérateurs n’ont pas encore confirmé si la proposition de baisse rapportée par les trois ministères est effectivement celle qu’ils ont soumise durant les discussions. Dans son communiqué publié lundi, le groupement des opérateurs en télécommunications (GTM) a réfuté avoir demandé la suppression de 215 milliards d’ariary de taxes. Il insiste plutôt sur “la suppression de certaines taxes additionnelles, appliquées récemment sur le secteur ou inefficace dans leur application”. Il s’agit, entre autres, du droit d’accises considéré comme une taxe de luxe qui est de 8% sur les télécoms et de 5% sur le mobile money ainsi que des taxes sur les importations des smartphones accessibles de moins de 100 dollars.
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