Antananarivo, 24 Septembre, 17h15 – « L’Etat a une grande part de responsabilité dans tout cela ». C’est par ces propos qu’Alain Rabetrano, membre du Syndicat des employés d’Air Madagascar conclut une longue tirade dans laquelle il dénonce les décisions et les actions des gouvernements successifs ayant conduit à la situation catastrophique dans laquelle se trouve actuellement la compagnie aérienne nationale.
⭕️En conférence de presse ce vendredi, le syndicat dénonce, entre autres, « les décisions stratégiques, le choix des avions, ou encore les nominations des dirigeants successifs, le choix des partenaires stratégiques mais aussi les différentes crises politiques » qui n’ont fait que couler la société.
⭕️Bien qu’assumant une part de responsabilité liée aux grèves successives il y a quelques années, les employés refusent de l’endosser entièrement. « Nous ne réfutons pas la responsabilité des employés sur le travail qui n’a pas été réalisé correctement ni les pertes liées aux grèves », lance Alain Rabetrano. « Cependant dire que les employés sont responsables de la situation à 70% est faux et nous le réfutons », poursuit-il.
⭕️La situation actuelle de la société est plus que catastrophique. Air Madagascar a annoncé 70 millions de dollars de pertes avant la crise sanitaire. La majorité des 717 employés est aujourd’hui en chômage partiel. « Certains d’entre nous ne touchent que 50 % de leur salaire et ne travaillent que 15 jours par mois », précise le membre du syndicat. « D’autres ne touchent que 30% de leur salaire ».
⭕️Air Madagascar ne possède plus que deux avions ATR-72 en fonction. La compagnie loue des avions pour organiser les vols de rapatriement, et elle n’a en ce moment aucun aéronef pour effectuer des vols long-courriers.
⭕️Le Syndicat des employés d’Air Madagascr lance un appel à l’Etat pour que celui-ci redresse la situation. « Nous lançons un appel au président de la République : sauvez cette société qui est une fierté des Malgaches », conclut Alain Rabetrano.