Antananarivo, 27 Juin, 11h05 – Un salaire moyen mensuel inférieur au salaire minimum d’embauche fixé par décret. Les résultats de l’Enquête permanente auprès des ménages (EPM) 2021-2022 publiée lundi par l’Institut national de la statistique (Instat) indiquent que le montant mensuel moyen perçu par un travailleur à Madagascar est de 196 359 ariary. Ce montant correspond à la moyenne de l’ensemble des salaires perçus par les travailleurs malgaches qu’ils soient dans le secteur formel ou dans le secteur informel, alors que le salaire minimum d’embauche était, en 2022, de 250 000 ariary.
Le montant médian perçu par un travailleur malgache est pour sa part de 108 250 ariary. Ce salaire médian sous-entend que la moitié des salariés de la population de la Grande île gagne moins que ces 108 250 ariary, tandis que l’autre moitié gagne plus que cette somme. Selon l’Instat, l’écart important entre le revenu moyen et médian montre « une situation inégalitaire à Madagascar entre les travailleurs du point de vue des gains issus de l’emploi ».
L’Instat indique également que l’indice de Gini sur le revenu salarial est égal à 0,56, ce qui montre une inégalité dans la répartition des revenus salariaux. Il en ressort que 46,2% de la masse globale du revenu salarial sont entre les mains de 10% de la population des travailleurs rémunérés, explique l’Instat.
L’Instat rapporte également à l’issue de cette EPM que le revenu salarial moyen mensuel perçu par les travailleurs du secteur formel est presque le triple de celui reçu par ceux qui travaillent dans l’informel. Selon les résultats de l’enquête, le salaire moyen est de 505 389 ariary dans le secteur formel tandis qu’il est de 178 578 ariary dans le secteur informel. Le revenu salarial médian est quatre fois plus élevé pour les emplois formels (400 000 ariary), que pour les emplois informels (100 000 ariary).
Au niveau régional, la région SAVA est la plus privilégiée à Madagascar, en termes de revenu salarial des travailleurs, avec un revenu mensuel moyen à 349 941 ariary. Elle est suivie par les régions de Sofia (341 851 ariary), de Boeny (299 828ariary), d’Analanjirofo (286 099 ariary), de Diana (243 151 ariary), d’Analamanga (238 724 ariary) et de Betsiboka (225 995 ariary). L’Instat souligne que outre la région Analamanga qui abrite la capitale Antananarivo, ces régions sont celles où les cultures de rente génèrent des revenus exorbitants pour les exploitants et qu’il s’agit également des régions où les activités touristiques battent leur plein.
L’Androy, pour sa part, enregistre le revenu salarial moyen mensuel le plus bas du pays, qui était à 96 244 ariary. Le montant médian perçu par un travailleur dans cette région était même à 51 960 ariary, d’après les résultats de l’enquête menée par l’Instat. La rémunération moyenne mensuelle avait également été relativement basse pour les travailleurs dans les régions comme Fitovinany (104 866 ariary), Atsimo Atsinanana (112 956 ariary), Bongolava (118 530 ariary) ou Anosy (122 528 ariary).
Ces chiffres devraient interpeller, comme suggérés dans les résultats de cette EPM. Il est exposé dans ce document que « rompre cette inégalité économique à travers la création d’emplois décents, une politique fiscale adaptée, ou encore une politique de redistribution des revenus devient alors incontournable dans l’optique d’un pays aspirant à l’émergence ».














