Dimanche 12 janvier 2020, Canberra la capitale australienne passait donc pour «la ville la plus polluée du monde». Ça fait toujours sensation comme gros titre à défaut d’être vraiment vrai. Comment, en effet, le programme Copernicus pourrait mesurer la pollution de chaque moindre ville de tous les pays du monde à un instant T. C’était certainement plus facile de focaliser sur l’Australie, la pollution olfactive autour du lac Anosy, à Antananarivo, Madagascar, n’intéressant même pas les riverains des petits ateliers proches.
Si les images de koala martyrisés par les flammes ont fait le tour du monde, parmi le milliard d’animaux tués par les méga-incendies en Australie figurent en bonne place les arthropodes. Si personne ne s’émeut de la souffrance silencieuse, et peu médiatique, des vers et des insectes, ceux-ci n’en demeurent pas moins un chaînon fondamental de la chaîne alimentaire. Inversement proportionnel au nombre des victimes, l’émoi suscité par la petite trentaine de morts humains.
Huit millions d’hectares dévastés, dit-on, ce qui n’empêche pas le spectacle de continuer. C’est ainsi que, du 3 au 12 janvier, l’ATP CUP, la «coupe du monde» de tennis, avait réuni 24 nations dans deux villes (Brisbane et Sydney) de la région Sud-Est de l’Australie pourtant fortement impactée. Les fumées toxiques n’empêchent pas non plus la tenue de l’Open d’Australie dans la ville de Melbourne (14 janvier au 2 février) alors que la population est invitée à se calfeutrer chez elle.
La flore et la faune endémiques de l’Australie sont menacées d’extinction, et les 150.000 dollars donnés par Rafael Nadal et Roger Federer (39 Grands Chelems à eux deux) ne soulignent que davantage la dérision de tant de choses.














