«VISA est acceptée à travers le monde». Même à Madagascar. Dans notre retard structurel, nous avons paradoxalement acquis une certaine avance dans la banque mobile avec les trois principaux opérateurs de téléphonie (Telma, Orange, Airtel). Moins de fiduciaire, toujours plus de dématérialisation : le jeu «payer avec sa carte bancaire au célèbre logo VISA et gagner un voyage» que lance la Société Générale, va dans ce sens en attendant que sa généralisation à une masse critique de consommateurs achève le basculement dans les mentalités.
La liste des commerçants concernés par ce jeu va des supermarchés (Score, Leader Price, Shoprite, Horizon Ivato), à des casinos, bijouteries, quincailleries, agences de voyage et compagnies aériennes, pharmacies, boutiques de prêt-à-porter, boutiques d’artisanat, boutiques d’électroménager, en passant par la longue liste des hôtels et restaurants dont la distribution sur l’ensemble de l’île est sans conteste la décentralisation la mieux réussie.
En hébergement et restauration, bien sûr que les principaux chefs-lieux sont massivement représentés (Antsiranana, Toamasina, Majunga, Tuléar, Fianarantsoa), tout comme les destinations les plus courues (Nosy Be, Foulpointe, Andasibe, Sainte-Marie, Morondava, Mantasoa, les parcs nationaux de Ranomafana, Zombitse, Ankarana, Bemaraha, Isalo), mais aussi des localités dont la présence nous rappelle qu’il n’y a pas que des touristes et des vacanciers dans la vie, même si les gens qui y vivent à longueur d’année, ne vont certainement pas déjeuner au restaurant tous les midis : Sambava, Brickaville, Fénérive-Est, Behenjy, Farafangana, Miarinarivo, Tsiroanomandidy, Moramanga…
Un listing fastidieux qui offre néanmoins une cartographie intéressante de la décentralisation progressive de commodités qu’on ne trouvait que dans la Capitale, voilà encore quelques années : Tamatave (Leader Price, Score, Shoprite), Majunga (Leader Price, Score), Nosy Be (Leader Price, Big Bazar, Nosy Be Market, Donia Market, Big Market), Antsirabe (Score, Shoprite), Tuléar (Score).
On note également des «exclusions» très remarquées à ce réseau (Ambatolampy, Arivonimamo, Ampefy), que l’ouverture d’une moderne, mais banale, station-service ramène cependant déjà dans la «civilisation»… La ville de Fianarantsoa, très peu représentée, apparaît tout aussi marginale, malgré sa situation géographique ou son statut politique et universitaire. Cette cartographie, à l’aune de la connexion Internet qui permet le service d’un TPE (terminal de paiement électronique), n’est certainement pas exhaustive, mais donne une première indication de l’extrême concentration des services et commodités dans les six arrondissements d’Antananarivo et déjà un peu moins dans le Grand Tana, encore moins dans la Région Analamanga. On traverse ensuite un immense no man’s land jusqu’aux abords des principaux chefs-lieux qui, eux non plus, ne sont pas des modèles de décentralisation à l’échelle de leur région.
À ce titre, le nom de la «Boutique au bout du monde», sise à Fort-Dauphin, est un train d’humour à l’ironie mordante.














