Le bon Maire, ce n’est pas celui qui promet des miracles. Personne ne peut résoudre d’un seul claquement de doigts des problèmes consolidés depuis dix, vingt, trente, quarante, cinquante ans. Parce que les problèmes d’Antananarivo durent et s’aggravent chaque jour, depuis dix, vingt, trente, quarante, cinquante ans.
Nous sommes en 2019 : que s’est-il donc commis et récidivé depuis dix, vingt, trente, quarante, cinquante ans ? Combien de mètres carrés remblayés dans la plaine du Betsimitatatra ? Combien de « trano gasy » ou « trano ntaolo », du type « Tranon-dRainimboay » à Ankadifotsy, délaissées, défigurées, écroulées ? Combien de pouces de terrain dans nos têtes abandonnés au laisser-faire et au laisser-aller ? Combien d’affirmations de principe tues ou ajournées au nom du consensus ? Combien de petites renonciations pour la grande abdication suprême ?
Le bon Maire, c’est celui qui saura le mieux s’entourer : « Dis-moi qui te conseille, et je te dirai quel Maire tu es ». Un entourage capable de passer en revue toutes les dimensions concernées par la gestion d’une Ville. Parce que les conseillers en auraient eu une expérience directe. Parce que les conseillers auraient vécu dans d’autres villes, handicapées par les mêmes contraintes, fortes des mêmes potentialités, mais qui ont réussi autrement avec les mêmes ingrédients. Parce que les conseillers auraient vu, connu, vécu. Parce qu’une certaine éducation leur fait se renseigner, apprendre, savoir.
Se renseigner, apprendre d’autrui. Du baron Haussmann à Paris, de Lee Kuan Yew à Singapour, de Chris Patten à Hong Kong, de Rudy Giuliani à New York, d’Alain Juppé à Bordeaux. Un Maire de bon sens, cette chose du monde la mieux partagée, et de la curiosité intellectuelle permanente.














