J’ai mauvais caractère. Quand un(e) ami(e) arrive à quelque poste d’importance, c’est le moment que je choisis pour m’esquiver. Le plus sûr moyen que je vous fiche la paix, c’est que vous deveniez CEMGAM, DGPN, ministre, ambassadeur, SGP…ou Président de la République…
Alors, maintenant que Mireille Rakotomalala n’est plus ambassadeure, je me résous à parler d’elle. Pourquoi maintenant, seulement ? Parce que, avant son départ pour le Japon, je n’avais pas pu tenir ma promesse de lui ressortir un vieil article du «Madagascar Matin» des années 1970, sans doute le tout premier qui ait jamais parlé de la pianiste de talent qu’elle était déjà : imprimée sur un papier journal d’il y a quarante ans avec la qualité des rotos d’alors, la photo ne semblait éclairée que par la blancheur liliale de la robe sur la jeune fille diaphane. Le noir jais du piano se confondait avec l’obscurité profonde de la scène. Ce devait être au théâtre d’Isotry, éminemment fréquentable en ces temps-là.
Je n’aime pas déranger. J’ai connu un Président de la République que j’aurai seulement importuné dans la solitude de son exil. J’avais connu un candidat que je félicitai d’un «ciao» sitôt qu’il fut élu Maire. Je connais un Ministre, que j’approchais à distance protocolaire, ne retrouvant une vieille familiarité que le jour de sa candidature à autre chose. Et tant d’autres amis que j’avais évités tant qu’ils étaient à leur firmament. À Mireille Rakotomalala, j’aurai rendu compte des événements de mi-2018, la laissant depuis tranquille, jusqu’à ces derniers jours.
Déjà Ministre, encore tout récemment ambassadeure, forte de son talent musical, connue et reconnue comme telle, elle peut tout à fait renouer avec un poste de prestige. Mais, si elle revenait au pays, retrouver la simplicité de sa 404, sans doute irais-je lui reparler de bière artisanale.














