Il pleut. Et c’est tant mieux. Il pleut régulièrement, et abondamment, depuis vendredi soir. Cinq jours de générosité pluviométrique, c’est toujours préférable à l’étiage des ruisseaux, des rivières et des fleuves. L’humidité est infiniment préférable à la sécheresse. Toute cette pluie, quand elle trouve à s’infiltrer naturellement là où tout n’a pas (encore) été bétonné, bitumé, étanchéifié, apporte l’eau salutaire au renouvellement de la nappe phréatique.
Il pleut et c’est toujours triste de voir toute cette eau se perdre sans valeur ajoutée au passage du millier de canaux, de la centaine de ruisseaux, de la douzaine de rivières, jusqu’aux fleuves qui vont à la mer. On pourrait tellement stocker toute cette eau : dans un lac artificiel qui serait à la fois bassin-tampon et réservoir.
L’eau, c’est la vie. Un lac, c’est tellement d’eau. Impression ou réelle sensation de fraîcheur à proximité d’un lac ? Un lac sait également se prêter à des activités nautiques : régates en pirogues à balancier(s) dont le genre rattache, une fois de plus, Madagascar à l’aire de la navigation malayo-polynésienne ; reconstitution de certains épisodes historiques où il est beaucoup question de «zahatra» (radeau) et de «tatamo» (nénuphar parfois géant) ; et pourquoi pas un musée vivant de toute la poésie que chante le lexique aquatique ?
Un lac artificiel dont la création conjurerait le remblayage de tant d’autres «farihy», «kamory» et «dobo». Renaissance et sanctuaire d’une biodiversité ailleurs décimée : poissons autochtones (masovoatoka, marakely, zimpona) et crustacés voire tortue (rere) et autres batraciens lesquels s’en vont mourir sous les roues automobiles à traverser une Nationale à la saison des amours. Les oiseaux qui hantent habituellement les antiques «Hainteny» reviendraient dans l’actualité des humains qui ne seraient pas en reste, à improviser balades, excursions et pique-niques. L’eau, c’est la vie. Un lac, c’est tellement la vie.














