L’affaire aurait dû concerner le 26 juin (malgache), mais elle revient dans l’actualité la
veille du 14 juillet (français). Le Monde parle en effet de la restitution provisoire de «la
couronne surmontant le dais royal», un «élément décoratif en forme de couronne qui
coiffait le dais utilisé par la reine Ranavalona III lors des événements solennels», selon la
directrice-adjointe du Musée de l’armée.
Cet objet se trouve dans la salle Joffre dudit Musée de l’armée à Paris. Notre conception
de la Culture majuscule et notre gestion du Patrimoine historique monumental me laissent
sceptique quant à l’opportunité de rapatrier, maintenant, des objets que le colonisateur a
su conserver, et soigneusement, loin de nos autodafés. Resté à Madagascar, cet objet
aurait été détruit ou perdu lors de l’incendie du 6 novembre 1995.
Rappelons qu’en soixante ans, et rien qu’en Imerina, la République malgache collectionne
un nombre impressionnant de destructions et de disparitions de monuments et objets
historiques : incendie du palais d’Andafiavaratra (1976), destruction de la Trano Kotona
témoin et des Tranomasina au Rova d’Ambohidratrimo (1980s), incendie du Rova
d’Antananarivo (1995), vol de la couronne royale de Ranavalona-Reniny (2011)…
Reconnaissons à la Culture majuscule, parce que historique, une dimension de
souveraineté : «Et si nous sommes tellement, parce que simplement différents, au nom de
la Culture majuscule, avec cette langue unique au monde, n’est-ce pas là un autre
sanctuaire de souveraineté ?» (Chronique VANF, «Ministère de souveraineté», L’Express
de Madagascar, 15 juin 2018). Sur la base de cette philosophie, avec les moyens enfin à
la hauteur d’une ambition qui ne sera plus seulement incantation, nous pourrions
envisager de rapatrier.














