Confinement. Après avoir, un temps, moqué le bouclage de Wuhan, en Chine, l’Europe découvrait à son tour le mot «confinement» : Italie (10 mars 2020), Espagne (14 mars), France (17 mars), Grande-Bretagne (23 mars). En Allemagne cependant, seuls deux Länder (Bavière et Sarre), sur les seize que compte l’Allemagne fédérale, ont pris pareille mesure de confinement. Pourtant, en Allemagne, jusqu’au 1er avril 2020, le taux de létalité était de 1% : nettement plus faible qu’au Royaume-Uni (8%), France (7%), Espagne (9%), Italie (12%).
L’Allemagne, comme la Corée du Sud en Asie, avait rapidement mené des tests massifs avec la mobilisation de 132 laboratoires publics et privés : au 4 avril, 116.655 tests par jour (prélèvement muqueuses buccales et nasales) étaient menés pour un total excédant 1,3 millions. Des tests massifs menés au tout début de l’épidémie ont permis de tracer très tôt les personnes contaminées et celles qui auraient été en contact avec elles.
La première économie européenne était manifestement mieux préparée que ses voisins. Dès la fin janvier, l’Allemagne avait généralisé le dépistage pour ceux revenant des zones à risque. Comme l’Allemagne consacre 11,1% de son PNB à la santé, contre une moyenne de 9,9% dans l’ensemble des pays européens, sans surprise, on comptait 28.000 lits de réanimation en Allemagne (portés à 40.000) contre 5.000 en France (portés à 14.000) : une centaine de patients français partirent d’ailleurs en EVASAN en Allemagne. Selon les chiffres de l’OCDE, il y a 4,3 médecins pour 1.000 habitants en Allemagne contre 3,4 en France.
Le mercredi 15 avril 2020, sur la base des recommandations de l’Académie nationale des sciences Leopoldina, la chancelière Angela Merkel, avec les dirigeants des seize Länder, décidera la reconduction ou non des restrictions annoncées à la mi-mars. Ce lundi 13 avril, l’Académie Leopoldina recommandait la réouverture aussi vite que possible des établissements scolaires fermés depuis le 16 mars. Les magasins et restaurants pourraient également rouvrir ainsi que les administrations : partout, les «gestes barrières» et la distanciation sociale devront cependant être respectés et le port du masque imposé dans les transports en commun.
Bizarrement, on aurait pu croire que le Président français a écouté l’Académie des sciences allemandes avant son discours. Parce que la France, sans raison médicale convaincante, va lever le confinement : «à partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées. Les lieux rassemblant du public, restaurants, cafés, hôtels, cinémas, théâtres, salles de spectacle et musées, resteront fermés à ce stade».
Mais, quelles déjà avaient été les raisons sanitaires qui motivèrent le confinement ? Et quelles sont les raisons sanitaires pour lever le confinement ? Les Ministères des Finances et de l’Économie sont devenus le Ministère de la Santé.














