Antananarivo, 24 Avril, 6h15 – La France entend rester un allié et un partenaire stratégique de Madagascar. Et ce dans tous les domaines, économique, commercial et social, évidemment, mais aussi dans des secteurs plus stratégiques comme la sécurité et la défense. Au-delà de ce que la France espère tirer des partenariats entre les deux pays, le président de la République française Emmanuel Macron a mis en avant la volonté de son pays à aider Madagascar à sécuriser ses ressources et ses richesses.
Dans ses propos introductifs de l’entretien élargi entre les deux délégations, mercredi, Emmanuel Macron souligne que la France veut “être un partenaire aussi fiable et constant en termes de sécurité et de défense”. Son objectif, insiste-t-il, est d’“aider Madagascar à lutter contre la pêche illicite et illégale” mais aussi “à sécuriser face aux prédations et provocations géopolitiques”.
Pour matérialiser cette volonté, le président français signale déjà le déploiement de 500 militaires français dans le cadre de l’exercice régional Tulipe qui réunit 1 500 éléments des armées malgache, francaise de l’océan Indien, mauricienne et seychelloise. Cet exercice, comme le souligne le général Jocelyn Rakotoson, chef d’état-major de l’armée de terre, “permet de renforcer les compétences, de partager les expériences et de consolider la solidarité dans le cadre de la coopération interarmées”.
Mais le président français entend aller au-delà de la coopération militaire et sécuritaire. Outre les volets de coopération socio-économique dans les domaines de l’énergie renouvelable, du transport ferroviaire, de l’agriculture, de la santé, de l’éducation ou de l’enseignement supérieur, il souhaite aussi s’engager dans la valorisation des minerais stratégiques.
Pour faire la différence dans ses propositions, Emmanuel Macron insiste sur “le développement de filières et de production” à Madagascar même, “sur votre sol”, plutôt que de se limiter à l’exploitation. Aux cinq projets structurants évoqués par le président de la République Andry Rajoelina, il affirme “rajouter ce thème à dessein parce que nous avons la conviction que nous pouvons avoir un partenariat en matière de terres rares, de minerais stratégiques, et nous pouvons développer des filières pour les valoriser”. Il donne alors l’exemple du photovoltaïque, soutenant que la Grande île dispose de “toutes les composantes premières pour développer une telle filière et nous souhaitons être des partenaires d’une valorisation sur celle-ci”.
La proposition française intervient alors que la compétition mondiale autour des minerais critiques commence à faire rage. Les besoins sont tels que l’administration Trump qui avait décidé de surtaxer la plupart des produits qui entrent sur le territoire états-unien a exempté ces ressources de droits de douane. A Madagascar, les ressources en matière de terres rares, de graphite, de nickel, de cobalt et autres matières premières essentielles aux transitions énergétiques sont importantes.
La Grande île est d’ailleurs consciente de cet atout. Dans ses négociations avec les Etats-Unis, autant dans le cadre du plaidoyer de renouvellement de l’African Growth Opportunity Act (Agoa) que dans la quête d’équilibre commercial, les minerais critiques sont mis en avant et proposés sur la table des négociations. Madagascar prépare également son entrée au sein du Forum des partenaires du Minerals Security Partnership.
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