Son compte Instagram, Kamran On Bike, compte 171 000 followers. Kamran Ali, créateur de contenu, passionné de voyage et de photographie, a mis ce compte Instagram au service d’un hôpital à Morondava. Parti d’Antananarivo en octobre, ce cycliste voyageur a rejoint Morondava pour un trajet à vélo comme il a l’habitude de le faire. Mais il a fini par rester deux mois dans le Menabe pour commencer un autre voyage plus intime, un voyage humanitaire au cœur de sa propre humanité. Nous avons pu le joindre en ligne. Interview émotion.
Kamran Ali voyage à travers le monde en vélo. Il est arrivé à Madagascar il y a deux mois. Il a voyagé en vélo d’Antananarivo à Morondava. Kamran Ali est passionné de photographie et de voyage. Il gagne sa vie en partageant ses récits sur ses réseaux sociaux. Son compte Instagram Kamran On Bike compte 171 000 followers.
“Je m’appelle Kamra Ali et je suis originaire du Pakistan. Je suis né là bas, j’ai grandi là bas. En 2002, j’ai eu l’opportunité d’aller faire mes études en Allemagne. J’y suis allé et j’y ai obtenu mon diplôme en science informatique. J’y ai obtenu mon PHD et j’y ai travaillé comme ingénieur informatique durant six ans. Puis j’ai eu ce rêve de voyager en vélo à travers le monde. Cela a commencé par le voyage à vélo entre l’Allemagne et le Pakistan. J’ai donc quitté mon travail en 2015 et j’ai fait le voyage entre l’Allemagne et le Pakistan en six mois. 10 000 km. L’idée était de faire ce voyage et de ne plus revenir au travail. Je ne suis pas retourné travailler. J’ai continué à voyager en vélo et cela fait maintenant presque 10 ans que je voyage à vélo dans le monde. Je l’ai fait dans 61 pays et fait 68 000 kilomètres en Europe, Asie, en Amérique du Sud, du Nord, au Moyen Orient, et en Afrique. –
Kamran Ali, Cycliste, voyageur, créateur de contenu
Comment avez-vous atterri à Madagascar ?
“Pour ce voyage j’ai commencé en novembre 2023. Je me suis envolé pour l’Ethiopie et j’ai commencé à voyager en vélo, et en octobre de cette année, je suis arrivé en Afrique du Sud. A la fin du mois d’octobre je me suis envolé pour Madagascar. J’ai donc voyagé depuis Antananarivo jusqu’à Morondava et cela fait presque deux mois que je suis à Morondava.
Qu’est ce qui vous motive à faire et à poursuivre ces voyages à vélo ?
“Ma principale motivation, c’est l’excitation et la curiosité de découvrir de nouveaux endroits. De rencontrer de nouvelles personnes, d’écouter l’histoire de nouvelles personnes, d’expérimenter de nouvelles cultures. Toutes ces choses qui motivent les gens à voyager. Mais ce qui me motive à voyager à vélo c’est pour pouvoir passer plus de temps sur la route, et être capable d’avoir plus d’expérience. J’ai une relation plus intime et plus proche avec la terre. C’est comme une expérience multidimensionnelle, très intense.
Vous êtes resté deux mois à Morondava, pour quelle raison ?
“J’ai rencontré un médecin à Morondava, à l’hopital. Elle m’a invité à aller à l’hôpital et quand j’y suis allé, j’ai vu que l’hôpital était très pauvre. Il n’y avait pas de médicaments gratuits pour la population. L’infrastructure n’était pas bien, il n’y avait pas d’électricité, ni de ventilateur ni de lumière et il y faisait très chaud. Les lits étaient cassés, il n’y avait pas d’équipement de réanimation. C’était dans un très mauvais état. Au début, j’ai apporté quelques médicaments que j’ai offerts à l’hôpital. Puis j’ai mis l’histoire sur instagram et les gens ont aussi voulu aider. Avec les amis et les followers; on a commencé à lever des fonds pour apporter plus d’équipements et on a mis un système électrique de panneau solaire. Nous avons apporté la lumière, les ventilateurs , des machines d’échographie, d’ECG, de nouveau lits, des médicaments, des équipements chirurgicaux et d’autres encore. Nous rénovons le bâtiment actuellement, le toit et tout. Ce n’était pas prévu mais c’est arrivé naturellement, organiquement et c’est ce qui m’a retenu durant deux mois à Morondava.
Qu’est ce qui vous a marqué à Madagascar durant votre voyage et votre séjour ?
“Je suis arrivé à Madagascar sans véritable attente et après j’ai discuté du voyage avec mes amis et tracé le parcours vers Morondava. J’ai mis 11 jours pour voyager d’Antananarivo à Morondava. J’étais à vélo tous les jours. J’ai vu du pays, j’ai passé un bon moment sur la route. Ce qui m’a fasciné le plus à Mada, c’est la population. Cela fait mal au cœur de voir la pauvreté. Mais voir la population sourire et voir leur résilience, leur hospitalité, leur gentillesse, cela a touché mon coeur. A aucun moment, je n’ai pensé que j’étais menacé, ni que je n’étais pas le bienvenu. J’y suis allé avec ma caméra, les gens étaient souriants et faisaient des blagues et ils m’ont accueilli. Malgré les problèmes, ils travaillent dans les champs. J’ai vu des gens travailler avec leur mains nus, leurs zébus mais avec le sourire. J’ai voyagé dans de nombreux pays, mais ici à Madagascar, j’ai été touché par l’histoire des gens et ce que j’ai expérimenté de leur monde”.
Vous avez quand même pu faire de belles images ?
“Vous pouvez voir mes images sur mon Instagram. Cela s’appelle Kamran on Bike. Vous y verrez des photos époustouflantes de l’allée des Baobab que j’ai pris sous la pleine lune. Ces vieux baobabs sous la lune avec les étoiles dans le fond, on dirait de la peinture. Des gens m’ont demandé si cela a été généré par Intelligence Artificielle, que ce sont des fausses, ou de la peinture digitale et j’ai dit non. Ces images de l’allé des Baobab sont les meilleures photos que j’ai prises de tous mes voyages en Afrique.
Reviendrez-vous une nouvelle fois à Madagascar ?
“Je ne pourrai pas oublier ce pays. Ce pays a eu un impact profond sur moi. Cela m’a poussé à regarder au plus profond de mon cœur et à trouver un amour inconditionnel pour l’humanité, à faire quelque chose pour cela. On a travaillé dur pour la réhabilitation de l’hôpital. On a dépensé plus de 100 millions d’ariary sur cet hôpital.
Quelles sont les prochaines étapes de votre voyage ?.
“Les prochaines sont, Maurice, Seychelles et les Comores. J’ai voulu faire les îles de l’Afrique puis je vais retourner en Afrique du Sud pour aller en Eswatini, au Lesotho et aller dans l’Ouest et le Nord de l’Afrique.
Travailler dans les bureaux ne vous manque-t-il pas ?
“Ce genre de vie ne me manque pas et je ne le regrette pas non plus. Ce qui me manque c’est le salaire”














