Antananarivo, 2 Mars, 14h55 – Entre volonté législative affirmée et une mise en œuvre concrète défaillante. Madagascar obtient un score modéré de 64,93 sur 100 pour ses cadres juridiques relatifs aux droits économiques des femmes et 51,80 pour la perception de leur application dans l’édition 2026 du rapport “Women, Business and the Law WBL (Les femmes, l’entreprise et le droit)” du groupe de la Banque mondiale. La Grande île affiche toutefois une faiblesse majeure dans l’indice des Cadres de soutien, avec un score de seulement 27,30 sur 100, comme rapporté dans ce document.
Ce résultat suggère que, malgré l’existence de certaines bases légales, Madagascar manque encore de mécanismes concrets, de budgets ou d’institutions pour transformer ces droits théoriques en réalités effectives pour les femmes. La Grande île se distingue par un cadre législatif solide qui surpasse la moyenne de l’Afrique subsaharienne, notamment en matière de rémunération où elle obtient un score parfait de 100 pour ses lois sur l’égalité salariale.
D’autres points forts sont également rapportés, dont un arsenal juridique robuste concernant la mobilité (87,50) et les retraites (91,75). Une dynamique positive qui est soutenue par une volonté politique active, illustrée par l’adoption de six réformes majeures touchant le travail et la parentalité entre 2023 et 2025. Madagascar fait par ailleurs figure de précurseur régional en étant l’une des rares économies à autoriser légalement la demande de travail flexible, offrant ainsi un avantage compétitif en matière de droits des employés, note la Banque mondiale.
Inversement, les points faibles de Madagascar se concentrent sur son incapacité à traduire ces lois en actions concrètes. Ce que témoigne son score de 27,30 pour les Cadres de soutien. Les scores du pays pour ces cadres sont nuls (0) notamment pour la parentalité, le travail et la garde d’enfants. La Banque mondiale souligne un cadre juridique faible bridant l’entrepreneuriat féminin et limitant l’accès des femmes à la création d’entreprises. Il y est également exposé que malgré des lois protectrices, la sécurité demeure un point noir majeur avec une note de perception de l’application réelle très basse à 21,88 sur 100.
D’après les données fournies dans le rapport Women, Business and the Law 2026, Madagascar se situe dans la seconde moitié du classement mondial, occupant précisément la 102ème position sur la liste des pays classés dans ce document. Ce rang est déterminé par son score de 64,93 sur 100 concernant l’indice des cadres juridiques. À l’échelle du continent africain, Madagascar se classe au 21ème rang parmi les nations présentes classées.
Ce rapport du Groupe de la Banque mondiale est un projet mondial de benchmarking qui mesure comment les lois, réglementations et politiques façonnent les opportunités économiques des femmes et le développement du secteur privé dans 190 économies. Les données et analyses WBL guident les pays dans l’identification des opportunités de réformes qui libèrent le potentiel économique des femmes et stimulent la création d’emplois et la croissance économique.