Antananarivo, 5 Avril, 21h30 – L’Agence de recouvrement des avoirs illicites (Arai) à l’heure du bilan. Dans son tout premier rapport d’activité annuel pour le compte de l’année 2023, la dernière agence du système anti-corruption a avoir été mise en place indique avoir reçu 228 décisions de justice concernant la saisie, gel et confiscation d’avoirs illicites. Elle a exécuté 204 de ces décisions, soit un taux de 89,5%. L’Arai a également reçu 97 décisions ordonnant le recouvrement des avoirs dans le cadre de détournement de biens et deniers publics et en a exécuté 86.
A la suite de ces opérations, l’agence a gelé 521 comptes bancaires pour un montant total de 6,305 milliards d’ariary. Elle a saisi jusqu’à 93 véhicules, ils ne sont plus que 45 à la fin de l’année. Le directeur général explique la fluctuation des véhicules saisis par l’évolution des affaires et des décisions de justice mais aussi par les ventes aux enchères avant condamnation destinés à conserver la valeur des biens. Les ventes aux enchères effectuées par l’agence des véhicules saisis ont par ailleurs jusqu’ici permis de récolter 388 millions d’ariary. L’Arai a aussi saisie un navire, deux biens immobiliers et 16 meubles.
Les responsables précisent également que les confiscations effectuées jusqu’ici restent des confiscations provisoires en attendant le verdict définitif des juridictions anti-corruptions. “C’est une fois réellement confisqué que les avoirs saisis deviennent la possession de l’Etat” explique le DG. Si la personne n’est pas coupable, l’Arai rend les biens à leur propriétaire.
“Toutes les décisions de justice qui sont arrivés entre nos mains des deux pôles anti-corruption ont été exécutées” s’est réjoui d’emblée Aimé Rasoloharimanana, le directeur général de l’agence.
Toujours selon le rapport d’activité 2023 de l’Arai, l’abus de confiance caracole en tête d’ infractions ayant conduit à la saisie des biens soit 48% d’entre eux. Les auteurs sont majoritairement des personnes physiques, à hauteur de 83%. “La majorité sont des responsables étatiques mais il y a également des civils”, poursuit le rapport.














