Antananarivo, 20 Octobre, 12h40 – Sans contester le caractère indiscutable du droit de grève, le ministère de la Justice montre ses crocs face aux greffiers grévistes. Face à la presse mercredi, le Garde des sceaux, François Rakotozafy, a indiqué publiquement que des sanctions administratives seront prises à l’encontre des greffiers qui refuseraient la réquisition. « Le refus des réquisition expose à des sanctions administratives, même si on ne l’a pas encore appliqué jusqu’ici », indique le ministre de la Justice. « Nous sommes encore au stade de l’invitation à revenir travailler », explique-t-il.
Le ministre de la Justice évoque aussi la possibilité d’une suspension de solde à l’endroit des grévistes. « Ce n’est pas une menace », explique néanmoins le ministre, rappelant au passage que la suspension de solde a déjà été appliquée lors de la grève des magistrats en 2005. « Ce n’est pas non plus une sanction », poursuit-il.
Face au blocage partiel de la bonne marche de la Justice, le ministre indique aussi avoir émis une note autorisant les chefs de parquet dans toute l’île à procéder aux arrestations même sans la présence de greffiers. Une décision prise à cause de la « circonstance exceptionnelle » du moment. « Si les greffiers pensent que cette note est illégal, il peuvent saisir le conseil d’Etat », lance-t-il.
Selon François Rakotozafy, la grève des greffiers débutée le 6 Octobre dernier a entraîné une « augmentation de la criminalité et de l’insécurité » dans la Grande île. Il parle notamment des « présumés criminels » qui ont dû être relâchés après leur garde à vue car le parquet n’était pas fonctionnels faute de présence de greffiers. Cela présente ainsi un risque pour l’ordre public, ce qui a motivé l’Etat à prendre ces différentes mesures selon lui. « Il faut arrêter de prendre en otage le peuple », exhorte-t-il.
Concernant les revendications, le ministère de la Justice indique avoir fait tout ce qui est en son pouvoir et invite encore et toujours les greffiers à venir discuter. « Ma porte est toujours ouverte,… , mais on ne peut pas discuter s’ils ne viennent pas », s’indigne le ministre.
Lundi en annonçant la poursuite de leur grève, le syndicat des greffiers de Madagascar avait indiqué qu’ils ne reculeraient pas malgré mes réquisitions, les menaces de sanctions ou de suspension de soldes.
Photo : Ministère de la Justice














