Antananarivo, 12 Novembre, 15h30 – Une “garde à vue” de plus de 48 heures. Claudia Pichler Andriantsitohaina, épouse de l’ancien ministre de la Décentralisation et de l’aménagement du territoire, n’est “toujours pas rentrée chez elle depuis qu’elle a été emmenée dimanche dans les locaux du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) à Ambohibao”, confie un des proches du couple. Elle y est gardée “pour les besoins de l’enquête”, ajoute-t-elle encore.
Lundi, l’avocate du couple, Maître Nicole Andrianarivosoa, a raconté qu’en l’absence de son époux qui ne se trouve pas à Antananarivo, Claudia Pichler Andriantsitohaina a été emmenée après la perquisition qui a eu lieu à son domicile dans le cadre de l’enquête dans l’affaire de prêt contractée par la Société municipale de gestion digitale (SMGD) auprès de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps) dimanche. “Elle n’a pourtant rien à avoir avec le dossier”, avait insisté l’avocate qui a rappelé que la jeune “mère de famille allaite encore son fils”. “Elle n’a pas pu allaiter ces derniers jours car les droits de visite que nous avons demandés ont été refusés”, déplore notre autre source.
Contacté, le service de la communication du Bianco, s’est refusé à tout commentaire et n’a pas souhaité confirmer ou infirmer la présence de Claudia Pichler Andriantsitohaina dans les locaux d’Ambohibao. Notre source est ainsi restée tout aussi discrète sur les motifs de l’audition. Elle invoque les secrets de l’enquête mais aussi la nécessité de protéger aussi bien les personnes auditionnées que le Bianco lui-même pour expliquer sa discrétion.
Interpellée sur Facebook par des dirigeantes d’associations féministes, la ministre de la Justice Fanirisoa Ernaivo a commenté une publication en indiquant qu’on est “dans un cadre de lutte contre l’impunité et dans ce cadre, il y a des enquêtes”.
Photo d’illustration : Naina Andriantsitohaina