Ne rien lâcher. Des acteurs du secteur agroalimentaire ne baissent pas les bras malgré la désillusion après l’adoption du projet de loi de finances 2020 par l’Assemblée nationale. Ils entendent revenir à la charge au niveau Sénat pour proposer des solutions aux parlementaires face à la décision du gouvernement de frapper de TVA le blé et le maïs.
« Nous avons créé un comité ad hoc pour rassembler nos idées. Maintenant que nous avons quelque chose de concret entre nos mains, nous allons apporter cela au Sénat, le 6 décembre », assure Rivo Rabearivelo, président du conseil d’administration du Malagasy professionnels de l’élevage (MPE), association qui œuvre pour le développement des élevages à cycle court. Cela ne l’empêche pas de « partager la peine des paysans » après l’adoption du projet de loi de finances par l’Assemblée nationale sans toucher à la taxation du blé et du maïs.
Les membres du MPE souhaitent toujours la suppression de la TVA sur le blé et le maïs. Cette fois-ci, ils se tournent vers le Sénat pour se faire entendre. La Chambre haute examinera le projet de loi de finances le 12 Décembre. Le groupement ne vient pas les mains vides pour arriver à ses fins. À part la recherche de voies et moyens pour la suppression de la TVA sur le blé et sur le maïs, ses membres concoctent une proposition pour contourner l’écueil. Le comité ad hoc qu’il ont mis en place suggère une piste pour augmenter le taux de pression fiscale en insistant sur un meilleur prélèvement dans les zones rurales. « Le taux [de prélèvement] y est faible. Nous proposons donc l’adoption d’un texte pour y remédier », soutient Rivo Rabearivelo.
Les petits éleveurs ne seront pas seuls pour aller à la Chambre haute. Le Syndicat des industries de Madagascar (SIM) aura également un rendez-vous avec les sénateurs, et l’application de la TVA sur le maïs et le blé fait partie des sujets prévus être abordés. Son président, Amiraly Hassim, reste pourtant prudent et ne souhaite pas se prononcer sur la question, « du moins pour l’instant ».
De surprise en surprise
Selon des indiscrétions, la TVA sur le blé et le maïs n’aurait pas fait partie des discussions entre le secteur privé et le gouvernement lors des discussions sur l’élaboration du projet de loi de finances. L’initiative constitue une surprise pour le secteur concerné, alors que la direction générale des impôts reste silencieuse.
La surprise du MPE ne reste pas là. Rivo Rabearivelo n’a pas caché son « étonnement » du vote du projet de loi de finances par les députés sans toucher la TVA sur le blé et le maïs. « La Chambre basse avait évoqué cette suppression mais, finalement, il n’en est rien », regrette-t-il, et ce, d’autant plus que les parlementaires ont décidé de ramener à 10 % le droit de douane sur les bondillons, contre le double prévu par le projet de loi de finances.














