Antananarivo, 10 Avril, 14h50 – Le tilapia proposé à Antananarivo figurerait parmi les plus chers en Afrique. Ce poisson d’eau douce est actuellement vendu entre 20 000 et 24 000 ariary dans la Capitale, alors que le prix moyen du tilapia en Afrique est compris entre 1,5 et 2 dollars soit environ entre 6 000 et 9 000 ariary par kilo. Ces chiffres ont été rapportés par le ministre de la Pêche et de l’économie bleue (MPEB), Paubert Mahatante, durant la présentation des opportunités d’investissements dans le secteur halieutique à Toamasina, la semaine dernière.
Le ministre de la Pêche réalise donc que les prix des poissons à Madagascar restent globalement élevés. Raison pour laquelle les produits halieutiques sont devenus des « produits de luxe », et « ne sont accessibles qu’à une infime partie de la population », expose-t-il. Paubert Mahatante avance que la consommation de poissons ne se fait qu’une fois par semaine, voire toutes les deux semaines pour certains ménages. Un kilo de poissons est pourtant l’équivalent en rotéine de sept à dix kilos de viandes.
La consommation de poissons reste faible à Madagascar. Elle n’est que de 4,26 kilos par malgache pour une année, indique le ministre de la Pêche. C’est largement en dessous de la moyenne annuelle mondiale qui est de 20 kilos, ou encore celle de l’Afrique estimée à 11 kilos par an. Un Seychellois mange jusqu’à 60 kilos de poissons chaque année si un Maldivien en mange jusqu’à 146 kilos annuellement, poursuit-il.
Le ministre Paubert Mahatante soutient que la pêche est une filière qui n’échappe pas à la règle de l’offre et de la demande. Ainsi, c’est à partir de l’augmentation de l’offre que les prix pourront baisser, a-t-il expliqué. Son département avait en tout cas déjà travaillé dans la promotion de cette filière, en mobilisant notamment les jeunes et les femmes à s’intéresser davantage à la pisciculture. Le MPEB indique travailler avec le ministère de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle ainsi qu’avec le programme Fihariana dans la formation de ces jeunes et ces femmes dans sept régions. L’initiative a déjà permis de former environ 2 100 nouveaux pisciculteurs, a-t-il indiqué.
Les prix proposés aux consommateurs dépendent également du coût de production des pisciculteurs. L’alimentation des poissons représente entre 25 à 45 % des investissements en pisciculture, détaille le ministre Paubert Mahatante. Et à celle-ci s’ajoute encore d’autres charges, dont entre autres les obligations fiscales. La production locale de l’alimentation des poissons réduira donc d’une manière significative le cout de production des pisciculteurs, soutient-il. Les opérateurs privés dans la filière ont déjà avancé des solutions pour produire de la protéine pour l’alimentation des poissons comme le lombricompost ou les mouches soldats noirs.














