Antananarivo, 12 Octobre, 6h35 – « Dormir beaucoup, manger sainement, éviter l’alcool, faire de l’exercice, socialiser et mettre au point des stratégies pour gérer le stress et l’anxiété ». Ces recommandations ont été formulées samedi par le Docteur Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale. Elle demandait à chaque individu « d’investir dans sa santé mentale et dans son bien-être, et de soutenir son entourage ».
« La santé mentale fait partie intégrante du bien-être général », souligne-t-elle dans son message. Elle reconnaît que « de nombreux pays ont élaboré des politiques nationales de santé mentale ». Elle n’en estime pas moins que les investissements qui y sont consacrés sont loin d’être suffisants. « Les dépenses publiques de santé mentale par habitant n’atteignent pas 10 centimes de dollars dans la région africaine de l’OMS », soulève-t-elle.
Par ailleurs, les services de santé mentale sont souvent limités « à des institutions spécialisées basées dans les capitales », poursuit la responsable de l’OMS. L’effectif des agents de santé mentale ne couvre pas non plus les besoins : 0,9 agent pour 100 000 habitants dans la région Afrique contre neuf agents pour 100 000 au niveau mondial. En plus d’être insuffisant, ces agents de santé mentale dans les pays africains sont constitués pour un tiers de travailleurs non-professionnels. Ce qui illustre une « grave pénurie de psychiatres et de psychologues », indique-t-elle.
La crise sanitaire liée à la Covid-19 a mis en lumière autant l’importance d’un investissement dans la santé mentale que l’insuffisance des investissements dans ce secteur. Peur, anxiété et dépression ont été exacerbées par « les restrictions imposées aux déplacements et aux rassemblements, par les pertes d’emploi, par la mort des proches et par la propagation des infections à la Covid-19 ». L’OMS signale également « des cas de violence exercée par un partenaire intime et des suicides ».
Dans son message, la directrice régionale de l’OMS s’adresse également aux employeurs. Elle les invite à investir « dans les programmes de bien-être du personnel et dans la formation aux premiers secours psychologiques ». Aux gouvernements, partenaires et communautés, elle en appelle « à la promotion des interventions à caractère social telles que le renforcement du soutien par les pairs, la réinsertion dans les communautés des patients ayant longuement séjourné à l’hôpital, et la dotation des soignants en connaissances et en ressources leur permettant d’apporter un meilleur appui aux personnes présentant des troubles mentaux ».
Mais l’appel est surtout destiné aux autorités nationales et internationales « en faveur d’un financement national et international accru dans la santé mentale et le bien-être ». « Un investissement requis de toute urgence », martèle-t-elle, d’autant que « une personne sur quatre sera atteinte de troubles mentaux à un moment de sa vie ». Pour l’heure, en Afrique, « les patients et les aidants paient directement la plupart des services de santé mentale dispensés aux patients ».
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