Antananarivo, 19 Octobre, 16h45 – Une prévision alarmiste. L’interruption de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa) devrait engendrer des effets négatifs considérables sur les pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne qui bénéficiaient de cet accès préférentiel au marché américain, notamment le Lesotho et Madagascar. C’est le Fonds monétaire international (FMI) qui avait fait part de cette situation dans l’édition du mois d’octobre de son rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale.
Bien que le choc commercial anticipé soit sérieux, le FMI n’entre pas dans le détail des effets négatifs annoncés, mais se contente d’en établir la nature et l’ampleur. C’est la Banque mondiale qui avait soulevé l’effet paralysant de l’Agoa sur les exportateurs africains, dont ceux travaillant à Madagascar. Dans l’édition d’octobre 2025 de son rapport Africa’s Pulse, cette institution de Bretton Woods expose que l’incertitude autour de ce programme de préférences commerciales avec les Etats-Unis peut non seulement décourager les investissements mais pourrait également entraîner des annulations de commandes.
La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) avait déjà exposé les impacts cumulés engendrés par l’expiration de l’Agoa pour les économies éligibles. Les droits de douane moyens pondérés par les échanges américains pourraient selon cette dernière doubler pour Madagascar pour atteindre 23 %. Et ce, en considérant que les droits de douane propres à chaque pays et à chaque secteur s’appliqueraient dorénavant, en plus des taux de la Nation la plus favorisée, au lieu du traitement préférentiel avec l’Agoa.
Les impacts des tarifs imposés par les Etats-Unis avaient par ailleurs été abordés lors de la réunion des ambassadeurs des États membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe à Washington, vendredi. Les répercussions économiques importantes de ces mesures soulevées lors de cette rencontre présidée par l’ambassadrice de Madagascar, Lantosoa Rakotomalala. Ce qui avait suscité des appels à un engagement politique et diplomatique urgent pour en atténuer les effets.














