Antananarivo, 29 Juillet, 11h55 – “La menace existe”. Interrogé sur la percée de la vanille ougandaise sur les marchés internationaux, George Geeraerts, président du Groupement des exportateurs de vanille de Madagascar reconnaît que “le risque est réel”. Il estime cependant que la qualité de la vanille malgache et l’expertise malgache dans le secteur constituent encore un avantage décisif. “La qualité reste notre principal atout”, souligne celui qui est également vice-président du Conseil national de la vanille (CNV).
Avec une exportation de plus de 600 tonnes en 2024, contre 30 tonnes en 2019, l’Ouganda est en passe de devenir un concurrent sérieux pour Madagascar. Même si George Geeraerts émet des doutes sur les chiffres, il reconnaît que les Ougandais progressent. S’il soulève que “les chiffres qui circulent sont peut-être exagérés ou incluent des volumes malgaches réexportés via l’Ouganda”, il n’en admet pas moins qu’en matière d’organisation, de structuration de la filière, ainsi qu’en matière de traçabilité et de transformation intégrée, l’Ouganda avance. A cela s’ajoute une qualité de vanille qui semble de plus en plus convaincre certains acheteurs.
Madagascar conserve une avance notable avec plus de 2 000 tonnes exportées chaque année et une renommée mondiale liée à la vanille Bourbon, riche en vanilline et très prisée des industries agroalimentaire et cosmétique. Mais en Ouganda, le développement rapide de la filière vanille est aussi soutenu par des conditions climatiques favorables, et deux récoltes par an, contre une seule à Madagascar. Sans parler de la vulnérabilité climatique liée aux cyclones ou encore la précarité structurelle et l’instabilité réglementaire.
Face à la réalité de la concurrence, le président du GEVM insiste sur la “nécessité absolue d’engager des réformes en profondeur, de stabiliser les règles du jeu et d’améliorer la structuration de la filière”. “Cette situation, je l’avais déjà anticipée, et cela fait longtemps que j’alerte les autorités sur la nécessité d’une profonde restructuration de notre filière”, rappelle-t-il.
Madagascar peut-il rester leader si l’Ouganda continue de monter en puissance? Pour Georges Geeraerts, la réponse dépendra des choix que fera le pays dans les mois à venir. Mais il ne faudrait plus tarder à agir. Pour l’heure, si l’Ouganda dispose d’un système de production “très proche du nôtre”, comme le souligne Georges Geeraerts, “il lui manque encore plusieurs paramètres que nous avons ici : une main-d’œuvre experte, une notoriété mondiale, et un marché habitué à notre qualité”.
🔴 Pour ne manquer aucune actualité de Madagascar, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.














