Antananarivo, 31 Octobre, 6h10 – Inquiétudes dans les zones productrices de vanille. « Jusqu’à maintenant, personne n’achète notre vanille. Les exportateurs n’ont toujours pas acheté », se plaint Jean Michel Razafindrazaka, président de la coopérative Union Avant Maroantsetra Vanille. « Cela fait un mois que les commissionnaires ont suspendu leur achat de vanille », renchérit Jean Claude Tafita, président de la coopérative Mahavelona Vanille. Il ajoute que si les acheteurs locaux « en ont acheté pour environ 200.000 ariary le kilo auparavant, depuis quelques semaines, il n’y a plus aucun achat ». Il indique « ne pas savoir quelles en sont les raisons » mais affirme avoir entendu « des rumeurs que des problèmes bloqueraient l’exportation ».
Un exportateur joint au téléphone, souhaitant garder l’anonymat, confie que « la campagne d’exportation a déjà commencé mais nous n’avons pas encore commencé à exporter ». Il avoue « ne pas encore pouvoir le faire à cause de certains détails liés à de la paperasserie administrative », mais sans trop savoir lesquels. Un autre opérateur du secteur indique même « ne connaître ni la date d’ouverture des exportations, ni les modalités d’exportation et d’importation, ni les noms des importateurs vérifiés, ni même les noms des exportateurs agréés ». Celui-ci évoque « une situation critique dont les impacts sociaux pourraient être catastrophiques ». Il ajoute que c’est la première fois depuis plusieurs années qu’à la fin du mois d’Octobre, la vanille préparée ne trouve pas encore d’acheteurs ».
Le ministère de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation, de son côté, se veut rassurant. « Le ministère en charge du Commerce publiera bientôt les noms des acheteurs de la vanille malgache », peut-on lire sur sa page Facebook. « Il est certain que tout cela sera conforme aux attentes des opérateurs et des acteurs professionnels du secteur et coïncidera avec celles-ci », poursuit le communiqué du ministère publié vendredi sur sa page Facebook. Dans son appel à manifestation d’intention lancé en Septembre à l’endroit des acheteurs de vanille, le Conseil national de la vanille (CNV) avait assuré que « tout exportateur agréé disposant de stockrépondant aux normes et réglementations pourra solliciter le CNV pour un rapprochement avec les acheteurs vérifiés ».
L’appel à manifestation d’intention lancé en Septembre par le Conseil national de la vanille (CNV) à l’endroit des acheteurs internationaux désireux d’acquérir la vanille malgache avait pour objectif « d’élaborer une liste de candidats acheteurs internationauxprésentant un statut vérifié, facilitant ainsi la phase d’exportation-importation ». Les prétendants avaient jusqu’au 30 Septembre pour déposer leur dossier afin de devenir des « acheteurs vérifiés » et d’être « garantis d’obtenir les quantités requisesdans la limite des stocks disponibles ».
Pour le ministère, ses actions entrent dans la foulée de ses « actions en faveur des planteurs, des opérateurs et des exportateurs de vanille ». L’objectif est d' »éviter l’anarchie et la corruption sous toutes ses formes, ainsi que le souhaitent les exportateurs professionnels », poursuit encore la publication du ministère. La campagne de commercialisation de la vanille préparée avait été officiellement lancée le 7 Octobre, soit « au moins trois mois après l’ouverture de la campagne de commercialisation de la vanille verte », ainsi que l’avait déjà annoncé le ministère il y trois semaines. Le prix plancher de la vanille préparée devait également être de 500.000 ariary, avaient déjà indiqué les autorités en Août.














