Un chiffre en léger retrait mais une réalité toujours alarmante. Le taux de pauvreté de Madagascar en 2025, basé sur le seuil de 3 dollars par jour, seuil de pauvreté international en parité de pouvoir d’achat 2021, est estimé à 66,5% contre 69% en 2021. Ces chiffres sont de la Banque mondiale, rapportés dans sa publication semestrielle “Macro poverty outlook”, publié en ce mois d’avril, dans le cadre de ses Réunions de printemps avec le Fonds monétaire international (FMI) à Washington.
La situation sociale à Madagascar demeure ainsi critique, avec ce taux d’extrême pauvreté qui stagne à un niveau alarmant. Si la pauvreté demeure particulièrement aiguë en milieu rural, le niveau de vie en zone urbaine s’est également dégradé de manière marquée, note la Banque mondiale. Cette détérioration reflète notamment la faiblesse de la création d’emplois, l’augmentation du coût de la vie et une vulnérabilité croissante face aux chocs économiques et climatiques, expose-t-elle.
Le PIB par habitant, en dollars constants de 2015, a également chuté, passant de 812 dollars en 1960 à 456,5 dollars en 2025. Ce chiffre montre que, mathématiquement, le Malgache moyen est deux fois plus pauvre aujourd’hui qu’il ne l’était au moment de l’Indépendance. La croissance économique, qui s’établit en moyenne à environ 3 % par an depuis les années 2010, s’est révélée également insuffisante pour générer des emplois ou réduire la pauvreté de manière significative, face à une croissance démographique annuelle de 2,4 %, explique l’institution de Bretton Woods.
Pour la Banque mondiale, plusieurs facteurs ont bridé cette croissance et limité les résultats en matière de développement. Elle cite entre autres la prédominance d’activités à faible productivité, la faiblesse des infrastructures, la lenteur de l’accumulation du capital humain et les faibles recettes fiscales, qui sont restées inférieures à 11 % du PIB au cours de la dernière décennie.
La réduction de la pauvreté et la promotion d’une croissance forte et résiliente passent alors par plusieurs mesures, exhorte-t-elle. La Banque mondiale recommande l’amélioration de la gouvernance, des réformes structurelles dans des secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie, les mines et les télécommunications, ainsi qu’une accumulation plus rapide de capital humain et physique. Accélérer les gains de productivité dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre est par ailleurs essentiel. Ce qui contribuera à la création davantage d’emplois de meilleure qualité, pour absorber les 420 000 nouveaux entrants qui arrivent chaque année sur le marché du travail, lance-t-elle.














