Antananarivo, 26 Septembre, 13h35 – La Conférence épiscopale malgache tire la sonnette d’alarme. Depuis la ville de Tolagnaro, les évêques catholiques ont fait une déclaration face aux récents événements survenus à Antananarivo et Antsirabe. Dans un message lu par son président, Mgr Fabien Raharilamboniaina, les évêques catholiques estiment que “notre nation est profondément malade” et rappellent que, depuis longtemps, ils ne cessent d’alerter sur les difficultés de la population.
Les prélats exhortent ainsi les responsables politiques, tant du pouvoir que de l’opposition, à prêter une oreille attentive à la détresse de ceux qui souffrent le plus aujourd’hui. “Sachez écouter ceux qui vivent dans la douleur et œuvrez à sauver véritablement cette nation qui nous est commune”, insistent-ils dans cette déclaration.
Depuis la ville de Tolagnaro qui célèbre actuellement les 70 ans de ce diocèse, les évêques expriment également leur solidarité envers les familles endeuillées et celles qui ont vu leurs biens détruits. Ils condamnent fermement les violences, les meurtres et les destructions, qu’ils jugent inacceptables en toutes circonstances. “Ni nous, ni vous, ni quiconque ne peut accepter les meurtres ni la destruction de biens”, déclare l’évêque de Morondava.
Appelant à l’unité, les prélats rappellent que Madagascar, semblable à un navire au milieu de l’océan, ne peut survivre qu’à condition que ses enfants s’aiment et se soutiennent mutuellement. “Si nous nous divisons et nous combattons entre nous, notre pays sombrera”, avertissent-ils.
La ville d’Antananarivo a été le théâtre d’affrontements entre les forces de défense et de sécurité et les manifestants contre le délestage et les coupures d’eau. Dans la soirée, plusieurs scènes de pillage se sont produites dans différents quartiers de la capitale, et ce malgré la décision du préfet d’instaurer un couvre-feu de 19 h à 5 h. De nombreux commerces et enseignes ont été dévalisés. Un scénario similaire s’est également déroulé dans la ville d’Antsirabe.
Malgré ces drames, les évêques veulent maintenir vivante la flamme de l’espérance. Ils invitent les Malgaches à raviver leur foi et à bâtir ensemble une espérance fondée sur le Christ ressuscité.














