Antananarivo, 26 Avril, 7h45 – Madagascar affiche l’un des taux de pauvreté les plus élevés au monde, selon la Banque mondiale. Dans le rapport 2025 sur les Perspectives macroéconomiques de la pauvreté ou le « Macro poverty outlook » qu’elle publie en ce mois d’avril, cette institution de Bretton Woods indique que 80% de la population malgache vivent en dessous du nouveau seuil de pauvreté international de 2,15 dollars par jour en 2024. Des chiffres que le président de la République Andry Rajoelina, qui ne nie pas l’existence de la pauvreté, relativise, estimant que les barèmes locaux et internationaux ne sont pas pareils.
A en croire la Banque mondiale, les revenus réels moyens ont diminué au fil du temps à Madagascar. Le PIB par habitant du pays est passé de 812 dollars en 1960 à 456 dollars en 2024. Et bien que ce partenaire de la Grande île ait noté une amélioration de la croissance au pays, “la croissance actuelle reste insuffisante pour soutenir la création d’emplois et soutenir la réduction de la pauvreté, en particulier avec une croissance démographique de 2,4 % par an”, estime-t-il.
Pour expliquer cette situation, la Banque mondiale souligne que cette croissance est entravée par la prédominance de secteurs à faible productivité, la médiocrité des infrastructures et la lenteur de l’accumulation du capital humain. Et la situation est même aggravée par le faible ratio impôts/PIB qui est de moins de 11 % et qui limite la fourniture de biens publics.
La volatilité des prix des produits de base, combinée au manque de diversification des exportations et des marchés, constituent par ailleurs des obstacles à une croissance plus rapide et inclusive, soutient la Banque mondiale. Sans oublier les chocs climatiques et la mainmise des élites qu’elle a également soulevés.
Face aux chiffres, le président de la République Andry Rajoelina relativise. Sans nier la réalité de la pauvreté d’une grande partie de la population malgache, il préfère néanmoins mettre en avant “le bonheur” des Malgaches qui ne cherchent pas à manger du fromage ou du caviar, mais qui sont heureux de manger le riz et la viande de zébu.
Pour le chef de l’Etat qui s’est exprimé sur TV5 Monde durant la visite d’Etat de son homologue français Emmanuel Macron, “le système de mesure de la pauvreté au niveau international et au niveau local n’est pas pareil”. Il donne l’exemple du salarié “européen” qui gagne autour de 1 200 euros mais qui vit dans la pauvreté”, et le compare au “paysan malgache qui vit dans la campagne et qui est heureux s’il touche 500 000 ariary”.
“On peut vivre heureux sans les mêmes barèmes que le monde nous impose”, poursuit Andry Rajoelina qui souligne que “chacun a sa zone de confort”. Il n’en estime pas moins qu’il est “là pour améliorer le quotidien de la population malgache et pour augmenter les revenus”. “Je ne dis pas que la pauvreté n’existe pas, mais je suis là justement à mettre tout en oeuvre pour combattre cette pauvreté et pour rendre les Malgaches fiers d’être Malgaches et heureux dans leur pays”, indique-t-il dans l’interview.
Et pour combattre la pauvreté, il met en avant “une arme” dont disposent les Malgaches, “la transformation agricole”. Celle qui va combattre les “méthodes de culture artisanales” qui font que les agriculteurs, constituant 80% de la population, soient pauvres. Il s’agit donc “d’aider les agriculteurs à augmenter le rendement à l’hectare” à travers la “mécanisation des méthodologies de plantation” et à un meilleur “accès aux engrais et aux semences améliorées”.
La Banque mondiale, de son côté, préconise une meilleure gouvernance pour parvenir à la réduction de la pauvreté persistante et la promotion d’une croissance élevée et résistante. Elle souligne que cet objectif nécessite également “un environnement commercial favorable, des réformes structurelles dans des secteurs clés et une accumulation plus rapide de capital humain et physique.
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