Antananarivo, 31 Juillet, 14h25 – Rappel à l’ordre. Les deux chefs de l’Exécutif rappellent aux membres du gouvernement la posture qu’ils doivent adopter dans les négociations avec ceux qui souhaitent investir à Madagascar et collaborer avec l’Etat malgache. “Madagascar doit toujours avoir des partenaires de choix dans le développement”, martèle le Premier ministre Christian Ntsay mercredi lors de la cérémonie de passation au ministère des Transports et de la météorologie dont il prend provisoirement la tête. “Nous ne pouvons pas accepter que notre pays soit utilisé par des réseaux illégaux”, poursuit-il.
Le président de la République Andry Rajoelina, de son côté, invite les membres de l’Exécutif à faire preuve de vigilance et de rigueur quand ils prennent des décisions, surtout quand l’intérêt national et la souveraineté du pays sont en jeu. “Il appelle à des réflexions profondes et des mesures strictes dans la prise de décision, surtout quand celles-ci sont susceptibles de nuire à l’intérêt national et de porter atteinte à la souveraineté du pays”, rapporte le compte-rendu du Conseil des ministres de mercredi. Pour le chef de l’Etat, c’est “la sagesse et la recherche de l’intérêt général qui doivent guider l’exercice des responsabilités”, cite encore le communiqué de la réunion hebdomadaire de l’Exécutif
Les rappels des deux chefs de l’Exécutif interviennent alors que l’Etat malgache vient récemment de reconnaître officiellement qu’il s’est fait “duper” par un investisseur. Celui-ci, qualifié de “personne malintentionnée et d’escroc par le Premier ministre, était “à l’origine d’un projet censé améliorer la desserte aérienne vers l’Europe, l’Inde ou l’Asie”. L’Aviation civile de Madagascar (ACM) lui a notamment octroyé des certificats d’immatriculation provisoires pour cinq aéronefs Boeing 777 sur recommandation de Valéry Ramonjavelo, ministre des Transports et de la météorologie qui vient d’être limogé. Avec les immatriculations 5R, les avions, ont ainsi pu aller jusqu’en Iran; pourtant sous embargo international, en partant de la Chine et en traversant d’autres pays.
Si l’on en croit le général Richard Ravalomanana, président du Sénat, qui avait recruté l’investisseur en question dans son équipe en tant que “conseiller bénévole”, celui-ci avait d’autres projets à mener à Madagascar. Il parle notamment de projets dans les secteurs de l’énergie, de l’enseignement supérieur, du tourisme médical ou encore du transport en commun public. Le président du Sénat indique même l’avoir mis en contact avec les différents responsables de l’Exécutif parce que “dans le cadre de la diplomatie parlementaire, le Sénat agit pour le bénéfice du pays et pour celui de la population malgache”.
Le général Richard Ravalomanana assure que dès que l’affaire a éclaté, il a abrogé la nomination de ce conseiller bénévole. Le Premier ministre, de son côté, assure que “ni lui ni le président n’étaient au courant de cette affaire, ni de l’autorisation donnée pour les certificats de navigabilité provisoires et les certificats de manutention provisoires”. Le chef du gouvernement indique alors que l’Etat entend collaborer avec des enquêteurs internationaux, “le FBI et l’Interpol” pour faire la lumière sur cette affaire. L’investisseur suspect, pour sa part, a été arrêté dès mercredi même si l’on en croit une déclaration présidentielle en date du 30 juillet et postée ce jeudi sur les réseaux sociaux de la présidence.
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