Antananarivo, 17 Octobre, 6h15 – Une autre condamnation. Le changement à la tête de la République de Madagascar passe mal auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU). Son secrétaire général, Antonio Guterres, par la voix de son porte-parole, dit condamner ce qu’il qualifie de “changement anticonstitutionnel de gouvernement à Madagascar”. Il appelle alors “au retour à l’ordre constitutionnel et à l’Etat de droit”.
Dans sa déclaration, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, rapporte également que le secrétaire général “prend note de la décision du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine de suspendre immédiatement la participation du pays à toutes les activités de l’Union, de ses organes et institutions, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel dans le pays”. Il soulève également la disponibilité de l’ONU à “soutenir les efforts nationaux visant à s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité dans le pays”. Cet appui, souligne-t-il , se fera “en collaboration avec l’Union africaine, la Communauté de développement d’Afrique australe et d’autres partenaires internationaux”.
Depuis le début de la crise, l’ONU suit de très près la situation à Madagascar. Il y a une semaine, le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’était inquiété des “violences continues de la part de la gendarmerie contre les manifestants”. Il avait alors appelé les forces de défense et de sécurité à cesser tout recours à la force inutile et à respecter les droits à la liberté d’association et de réunion pacifique”. Il avait également dénoncé au moins 22 morts et plusieurs blessés, un chiffre contesté par l’ancien gouvernement qui avait parlé de 12 morts, en tout.
Pour le Colonel Michael Randrianirina, les réactions des organisations internationales sont “normales”, et il semble s’être attendu à ces réactions, notamment aux sanctions de l’Union africaine. Le nouvel homme fort de Madagascar, qui prêtera serment ce vendredi, refuse cependant de parler de coup d’Etat, indiquant qu’il n’y a eu aucune effusion de sang. Il parle plutôt d’un processus adossé à une décision de la Haute cour constitutionnelle (HCC) qui l’a invité à assumer les fonctions de chef de l’Etat en l’absence du président de la République, du président du Sénat et du gouvernement.
Photo : United Nations














