Antananarivo, 9 Mai, 9h30 – Un retard à rattraper. La Banque mondiale estime que Madagascar pourrait mettre une décennie à inverser la perte de revenus moyens survenue pendant la crise de 2020-2022. Mais encore, le pays pourrait mettre plus de 70 ans pour atteindre le niveau de vie actuel au Rwanda, en l’absence de réformes audacieuses. Un scénario que cette institution de Bretton Woods souligne dans sa présentation de Madagascar sur son site officiel.
La Banque mondiale soutient que la croissance pour la Grande île reste « structurellement limitée ». Cette institution financière parle d’une inadéquation du capital humain et des infrastructures, une forte prévalence de l’informalité et de l’agriculture d’autosubsistance, ainsi que la faiblesse de la gouvernance et des institutions.
Pour l’heure, si ce n’est que pour son capital humain, Madagascar a actuellement le quatrième taux de malnutrition le plus élevé au monde, indique la Banque mondiale. 97% de ses enfants âgés de 10 ans ne peuvent pas lire et comprendre un texte court adapté à leur âge. Le pays dispose également d’un système de protection sociale naissant qui ne couvre que 6% des personnes extrêmement pauvres.
« Le pays devra maintenir une croissance nettement plus élevée et plus inclusive pour avoir une chance réelle de réduire l’extrême pauvreté dans les années à venir », precise la Banque mondiale. Et elle ajoute que « cela ne pourra se faire que si le gouvernement lance des réformes profondes qui permettront de nouveaux investissements dans des secteurs susceptibles de favoriser la transformation structurelle et de stimuler la création d’emplois, un meilleur accès aux services et infrastructures de base et une plus grande résilience des populations vulnérables ».
La Banque mondiale soutient que plusieurs réformes sont particulièrement urgentes pour la reprise. Celle-ci cite l’accélération de la campagne de vaccination, le renforcement de la riposte aux récents chocs climatiques, le renforcement de la responsabilité du secteur public, la remise sur les rails des réformes foncières et l’attraction d’investissements indispensables dans les secteurs de l’électricité, du numérique et des transports.
Les autorités malgaches, de leur côté, se disent confiantes quant à l’avenir du pays, en s’appuyant, entre autres, sur la récente évaluation de l’agence Standard&Poor’s. Cette agence de notation avait affiché son optimisme quant aux perspectives économiques de la Grande île. Celle-ci estime qu’entre 2023 et 2025, la croissance économique sera en moyenne de 5,6%, soutenue par la mise en œuvre d’importants investissements et des réformes structurelles dans le cadre du Plan émergence Madagascar (PEM). Pour Standard &Poor’s, d’ailleurs, ce PEM contribuera à faire passer Madagascar d’une économie à faible revenue à une économie émergente.
Photo d’archives : Présidence de la République














