Antananarivo, 28 novembre, 12h45 – Le différend électoral touche des éléments de l’armée. Selon la Gendarmerie, deux Colonels ont été placés en détention préventive à la maison de force à Tsiafahy après leur passage au Palais de la justice, à Anosy lundi. « Ces deux hommes étaient en garde à vue pour enquête depuis dix jours auprès de nos services. Nous les avons emmenés au tribunal hier [lundi] », confirme le Colonel Tahina Ravelomanana, commandant de la Section de recherche criminelle (SRC), mardi. Les officiers sont inculpés d’atteinte à la sûreté de l’Etat.
L’affaire remonte à quelques jours avant la présidentielle du 16 novembre, si l’on se fie aux informations fournies par la Gendarmerie. « Ces deux individus ont essayé d’enrôler des militaires en vue de fomenter une déstabilisation. Ils ont essayé de distribuer de l’argent », explique le commandant de la SRC.
« L’armée, via sa direction des renseignements inter-armée, avait eu l’information avant que le dossier soit transmis auprès du commandement de l’Etat-major des armées. C’est ce dernier qui avait déposé plainte auprès de notre service », rapporte l’officier supérieur. « L’instruction va se poursuivre », poursuit-il.
L’intérêt des enquêteurs sur des officiers supérieurs des forces armées avait circulé depuis quelques jours. Le 20 novembre, la page Facebook de la gendarmerie avait démenti les informations selon lesquelles des enquêtes sont en cours sur un officier général de la Gendarmerie et deux colonels de l’Armée. Elle avait même indiqué que les auteurs de la désinformation avaient été identifiés. Ce mardi, le Commandant de la SRC précise que le démenti de la Gendarmerie a plutôt porté sur la présence d’un officier général des bérets noirs dans le dossier et non sur l’existence de l’affaire en soi.
Le Collectif des candidats à la présidentielle avait revendiqué le report du scrutin et l’«assainissement de l’aire de jeu ». Il a exprimé ses désaccords sur le sujet et a organisé des manifestations de rue interdites par les autorités. Des associations et des organisations de la société civile ont également fait part de ce qu’elles considèrent comme des failles dans le processus tandis que les autorités ont toujours nié en bloc ces assertions.














