Antananarivo, 12 Juillet, 7h45 – Alors que Madagascar s’ouvre progressivement aux paiements numériques, un chiffre interpelle : un seul terminal de paiement électronique (TPE) est disponible pour 7 000 habitants. Dans un pays où plus de 63 % des transactions s’effectuent encore en présentiel, cette pénurie d’équipements menace de ralentir sérieusement la dynamique de digitalisation engagée.
Présentée par Visa, l’étude “Comprendre le paysage des paiements à Madagascar” a mis en lumière un paradoxe frappant car les usages physiques dominent encore largement, mais les infrastructures permettant des paiements numériques ne suivent pas. Avec une telle densité de TPE, si tous les consommateurs voulaient aujourd’hui régler leurs achats par carte, les files d’attente seraient tout simplement ingérables. “Le manque de terminaux disponibles freine l’acceptation, surtout chez les petits commerçants qui n’ont ni les moyens ni la formation pour les utiliser”, reconnaît Christian Mbonampeka, Visa Country Manager pour les îles de l’océan Indien.
Le constat est d’autant plus préoccupant que le potentiel est là. Le mobile money, par exemple, connaît un taux d’utilisation de 73 % avec une notoriété de 100 % pour MVola selon l’étude de Visa sur un échantillon de 300 personnes. Et bien que le taux de bancarisation reste faible (18 %), la population, jeune et connectée, manifeste un intérêt croissant pour les solutions de paiement modernes. Pourtant, les cartes de débit ne représentent encore que 3,25 % des moyens de paiement utilisés.
Face à cette situation, Visa et ses partenaires appellent à des mesures concrètes : faciliter l’accès aux terminaux via des subventions, former les commerçants à leur usage, et promouvoir des solutions hybrides comme les cartes virtuelles et les paiements via mobile. Car sans un renforcement de l’infrastructure, notamment dans les zones à forte densité commerciale, l’inclusion financière reste une promesse lointaine.
L’étude recommande également un alignement des efforts entre régulateurs, banques, fintechs et opérateurs mobiles, afin de créer un écosystème propice à l’adoption de ces technologies. “Il est urgent de faire tomber les barrières techniques, économiques et culturelles qui freinent encore l’adoption des paiements électroniques”, martèle Evrard Nezeko, Senior Client Consulting Manager chez Visa.
Dans cette course vers une économie digitale inclusive, le renforcement de l’infrastructure de paiement ne doit plus être une option. C’est la condition sine qua non pour démocratiser les services financiers.














