Antananarivo, 14 Février, 17h00 – Près de six ans après leur dernier sommet, l’Union africaine et l’Union européenne vont se retrouver. Madagascar, par l’intermédiaire de Andry Rajoelina, président de la République, et de Patrick Rajoelina, ministre des Affaires étrangères, prendra part au 6ème Sommet du genre qui va se tenir le 17 et le 18 Février prochains à Bruxelles. Cette rencontre a pour objectif principal de « redessiner les partenariats » entre les deux organisations et « leurs pays membres », comme l’explique Giovanni Di Girolamo, ambassadeur de l’Union européenne pour Madagascar et les Comores ce lundi lors d’une conférence de presse.
Ce Sommet UE-UA montre la volonté de l’Union européenne d’apporter « une réponse aux défis actuels » du continent africain, explique toujours l’ambassadeur de l’Union européenne. Le changement climatique et la transition énergétique seront discutés, tout comme les sujets de paix, de sécurité et de gouvernance lesquels restent délicats sur le continent africain. Le financement de la croissance africaine constitue la priorité des priorités. L’objectif consiste en une « coopération durable et mutuellement avantageuse », mentionne le diplomate.
Le Sommet a aussi pour « but de réaffirmer la place de l’Europe comme étant le premier partenaire de l’Afrique », lance Christophe Bouchard, ambassadeur de France à Madagascar. Il tient à rappeler que l’Europe reste le premier partenaire que ce soit au niveau « économique, humain ou dans l’aide au développement ». Le Sommet survient justement alors que la France assure pendant six mois la présidence du Conseil européen. « Depuis 2017, l’Afrique fait partie des axes principaux de politique étrangère du président Emmanuel Macron », rappelle-t-il. La France a poussé pour que le Sommet se déroule durant ce semestre.
Malgré cette volonté de l’Europe de redynamiser ses relations avec l’Afrique, l’Union européenne se défend de mener une campagne de reconquête de l’Afrique face aux autres pays comme la Chine ou la Russie, comme le précise la délégation. « L’Europe a sa propre vision du développement qui priorise la soutenabilité et le respect de l’environnement dans ses projets », précise l’ambassadeur de l’Union européenne. Il fait remarquer que « l’UE n’entre pas en concurrence avec les autres pays » mais insiste plutôt « sur une participation de tous au développement de l’Afrique ».
La table ronde entre les chefs d’Etat définira les nouveaux axes de financement pour le développement de l’Afrique, précise l’ambassadeur. Ce Sommet marque le démarrage d’un nouveau cycle de coopération et d’aide au développement de l’Union européenne pour l’Afrique, précise Christophe Bouchard. L’apport financier s’effectuera à travers le nouvel outil de financement adopté par l’Union européenne, « l’Europe Global ».
Dans le cadre de cet outil, l’Europe envisage de mettre à disposition de l’Afrique près de 150 milliards d’euros pour les projets d’amélioration de la connectivité physique comme celle numérique. « Les global Gateways multifonctionnels comme les routes, les ports, les aéroports sont priorisés », explique-t-il. « Sont aussi comprises les infrastructures de connectivité digitale comme les réseaux informatiques et tout ce qui est passage des données ».














