Antananarivo, 23 Août, 8h40 – Une cérémonie solennelle pour marquer l’engagement des habitants du fokontany d’Anjamalange, commune d’Ambanisarike à Ambovombe-Androy. Ceux-ci ont convenu, au cours de cet événement qui s’est tenu la semaine dernière dans leur village, « de refuser le mariage des enfants de moins de 18 ans et d’empêcher les parents à les envoyer en union ». Ils se sont, par la même occasion, mis d’accord pour interdire l’interruption de la scolarité des enfants durant les classes primaires.
Dans la convention communautaire (dina) lue au cours de la cérémonie, il est ainsi prévu que « les parents qui marient précocement leurs enfants sont passibles d’une amende sous forme d’un zébu ». « Si une jeune fille tombe enceinte, celui qui en est responsable, ou ses parents si le géniteur n’est pas encore autonome, doit prendre en charge la jeune fille enceinte », prévoit également la convention. Il doit en même temps « s’assurer que celle-ci revienne à l’école et prendre en charge les dépenses liées à cette scolarisation dès qu’elle peut confier son enfant à un tiers » durant ses heures de cours. Les parents qui déscolarisent leurs enfants doivent, pour leur part, verser la somme de 30.000 ariary à titre d’amende.
Suivant la tradition, un zébu a été tué au cours de la cérémonie et sa viande distribuée aux villageois et aux invités pour marquer l’engagement de la communauté. Mais « nous avons mis en œuvre plusieurs étapes, dont de nombreuses séances de sensibilisation pour parvenir à cette convention », confie Santos Rhudy Fisainanarimanga de l’organisation non-gouvernementale SOS Village d’enfants qui a mis en œuvre le projet avec l’appui du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).
Dans l’Androy, le mariage des enfants, notamment des fillettes est une pratique courante. « 51% des enfants de moins de 18 ans sont envoyés en union par leurs parents dans la région », souligne Mialintsalama Randrianasolo, chargée de la protection de l’enfance auprès du bureau de l’Unicef à Ambovombe. « Les gens ne savent même pas qu’il s’agit d’une forme de violence », poursuit-elle, indiquant que le phénomène s’est amplifié avec la situation d’insécurité alimentaire dans la région.














