Une stagnation structurelle de la productivité agricole est rapportée. Bien que ce secteur constitue un levier fondamental de l’économie nationale, le ministre de l’Économie et des finances, Herinjatovo Ramiarison a déploré une atonie persistante de cet indicateur qui, malgré son importance stratégique, peine à amorcer une croissance réelle depuis des décennies. Ce membre du Gouvernement de la Refondation avait livré ce constat, lors des Assises pour la relance économique tenues ce lundi.
Le ministre Herinjatovo Ramiarison pointe surtout du doigt l’inefficience des investissements passés dans ce secteur. “En dépit de l’injection constante de ressources budgétaires, de la mise en œuvre successive de multiples Programmes d’investissement public (PIP) et du déploiement de nombreux projets de développement, les rendements stagnent encore à ce jour”, martèle-t-il, soulignant l’urgence d’une révision profonde des mécanismes de soutien à la production.
Lors de la présentation du Diagnostic des revenus ruraux à Madagascar, Olive Nsababera avait rapporté que le taux de croissance annuel de l’agriculture était proche de zéro au cours des dernières décennies. Le secteur qui devrait ainsi être le moteur de la croissance économique avait quasiment stagné, souligne cette économiste principale de la Banque mondiale.
Cette spécialiste de la Banque mondiale avait alors soulevé plusieurs contraintes structurelles qui ont limité la productivité agricole. Elle avait parlé d’une gouvernance opaque des marchés, qui avait comme conséquence d’entraîner de forts écarts entre les prix perçus par les producteurs et les prix finaux. A cela s’ajoutent encore les distorsions de politiques publiques, qui affaiblissent encore les incitations des paysans à produire et à vendre. Elle y ajoute la mauvaise qualité des routes, la capacité de stockage limitée qui empêchent également une intégration forte des marchés ou encore le faible accès au financement.
Il est par ailleurs souligné dans le rapport d’Examen des dépenses publiques liées à l’agriculture, fait par la Banque mondiale que le taux d’exécution du budget dans ce secteur demeure faible. Il se situait en dessous de 40 % tout au long de la période d’étude. Bien qu’un total de 1,57 milliard de dollars ait été alloué au secteur entre 2013 et 2022, moins de la moitié (617,3 millions de dollars) a été effectivement dépensée.
Pour améliorer durablement les revenus agricoles et renforcer la résilience des ménages ruraux, le rôle central des organisations paysannes et du secteur privé dans l’amélioration de l’accès aux marchés, aux intrants et à l’assistance technique avait été insisté. Les rapports de la Banque mondiale avaient également mis en avant l’importance de revitaliser les villes secondaires pour stimuler les chaînes de valeur agricoles et créer des opportunités d’emplois non agricoles. Les recommandations de cette institution financière appellent alors à des investissements ciblés, notamment dans l’irrigation, les routes rurales, la recherche et la vulgarisation agricoles ou encore le renforcement du cadre de décision budgétaire, de la qualité des données et des systèmes de suivi-évaluation.














