Il reste du chemin pour arriver à développer le marché des industries culturelles et créatives à Madagascar. Mais des initiatives sont quand même lancées pour atteindre cet objectif.
Comment rentabiliser les industries culturelles à Madagascar ? La question reste sur la table dans la mesure où l’intersection entre l’économie, la culture, l’art et la créativité tarde à voir le jour.
« L’industrie culturelle est présente depuis toujours dans notre environnement mais on ne se rend pas compte (…) La demande reste minime face à une offre, nombreuse», souligne l’organisateur, Mampiray Solofoniaina, organisateur de « Dago Festival », lors du lancement de la deuxième édition du salon des industries culturelles et créatives, à Ambohitsaina mercredi.
Le constat dressé par Mampiray Solofoniaina est implacable quant à la place des industries culturelles et créatives à Madagascar. Malgré le potentiel, le marché reste encore étroit.

Des embûches existent pour que les industries culturelles et créatives trouvent sa place dans l’économie. « Les arts, la culture sont encore considérés comme un loisir et non pas une économie », affirme Elia Ravelomanantsoa, ancien ministre de la Culture. « Pour l’heure, il n’existe même pas de chiffre pour quantifier cette économie », déplore la fondatrice du festival de la mode « Manja » et chef d’entreprise.
Des pistes sont identifiées pour lever les obstacles mais il s’agit d’un travail de longue haleine. Elia Ravelomanantsoa pointe le « manque de cadre légal, la défaillance de la connexion entre les créatifs et les gestionnaires, ou encore une formation encore à développer pour arriver à la normalisation du secteur ». « Il faut professionnaliser les métiers spécifiques », lance-t-elle, se demandant sur le nombre des conservateurs de musée à Madagascar pour illustrer ses propos.
« Nous voulons informer les jeunes et les citoyens que la culture est à la fois une richesse et un trésor pour développer le pays »
Les organisateurs de « Dago Festival » tentent justement d’attirer l’attention de l’opinion sur l’importance de ce secteur. « Nous voulons informer les jeunes et les citoyens que la culture est à la fois une richesse et un trésor pour développer le pays », affirme Mampiray Solofoniaina.
Les trois jours de festivités à l’Alliance Française d’Antananarivo (AFT), à Andavamamba, servent, entre autres, à la sensibilisation, surtout des jeunes autour d’un débat, de danse, de défilé de mode, d’exposition pour mettre en valeur les potentiels culturels du pays. Des rencontres sont prévues en présence des professionnels du secteur, entre autres, des écoles d’arts, des lieux de diffusion culturelle et même des producteurs.
Pour le cadre légal, une démarche visant à élaborer une série de projets de loi avait été initiée il y a quelques années mais, pour une raison ou une autre, l’initiative n’a pas abouti. « Il faut également créer un fonds d’investissement » milite Elia Ravelomanantsoa, pour doper les industries culturelles et créatives.














