Antananarivo, 2 Septembre, 7h05 – “Le pays est malade”. La Commission épiscopale Justice et Paix ne cache pas ses préoccupations face aux récents événements qui secouent le pays. Dans son communiqué publié en fin de semaine dernière, elle évoque notamment les décès survenus ces dernières semaines suite à la suspicion d’empoisonnement à Ambohimalaza, au paludisme à Ikongo, aux accidents de circulation sur les routes nationales mais aussi au récent accident dans un saut de parachute.
Au-delà des drames, la Commission dirigée par le Mgr Benjamin Ramaroson regrette surtout ce qu’elle qualifie “d’improvisation et de bricolage dans l’action des responsables à divers niveaux”. “Cela engendre des difficultés et ne permet pas d’apporter des réponses claires pour aider la population à se relever”, écrit-elle dans son communiqué.
Elle dénonce surtout un manque de cohérence et de lisibilité dans les réponses des autorités. “Jusqu’ici, on ne voit pas les mesures prises”, pointe-t-elle, prenant l’exemple de la suspicion d’empoisonnement survenue en juin à Ambohimalaza. Elle déplore d’autant plus la situation que les analyses des échantillons suspicions aient été faites à l’étranger sans que cela ait donné des réponses claires.
Mais ces inquiétudes de la Commission Justice et Paix s’étendent jusqu’à la gestion du pays. Admettant que “des efforts sont faits dans certains domaines”, et assurant qu’il “ne s’agit nullement de critiquer gratuitement”, elle n’en évoque pas moins une “absence de vision de développement sérieuse et bien définie”. Elle parle notamment “d’incohérence et de non clarté des objectifs”. “Tout semble trop dépendre des circonstances”, ajoute-t-elle. Elle soulève également un défaut de hiérarchisation des priorités en raison d’un “manque de stratégie claire”. “Il n’y a plus de distinction entre urgence et priorité, et on confond le long, le moyen et le court terme”, indique-t-elle.
La Commission emprunte alors les mots du Pape Léon XIV et appelle à rompre avec les discours sans suite. “Assez de grands discours et de promesses, place aux actions concrètes”, rappelle-t-elle. Elle appelle à des actions urgentes dans les secteurs de l’éducation, de la santé, et de l’environnement. Elle réclame des solutions au problème de délestage qui, selon elle, donne de la place “aux forces des ténèbres avec la recrudescence des violences, des viols…”
Justice et Paix estime qu’il est temps d“instaurer la transparence dans un État de droit” et de “faire preuve d’intégrité en toutes circonstances car les gens veulent connaître la vérité”. Pointant du doigt les nombreuses déclarations contradictoires, elle appelle les autorités à recentrer les politiques publiques autour de la vérité et du bien commun. Elle les invite à résister à la tentation de la personnalisation du pouvoir ou de la défense de l’honneur individuel au détriment de l’intérêt collectif.
Photo : Radio Faniry Antsiranana














