Icône de la non-violence et de la résistance pacifique, le Mahatma Gandhi a inspiré et continue d’inspirer 70 ans après sa mort. Madagascar communie avec l’Inde pour marquer le 150ème anniversaire de la naissance d’un homme qui a marqué l’histoire de l’humanité.
Le 2 octobre 1869 naquit en Inde, à Porbandar, dans l’État du Gujarat, Mohandas Karamchand Gandhi, celui que le monde entier connaît sous le nom de Mahatma Gandhi. Cent cinquante ans plus tard, dans un pays lointain, à Madagascar, où nombre de ses compatriotes ont migré au XIXème siècle, l’anniversaire de sa naissance est aussi commémoré. C’était le 2 octobre dernier pendant une cérémonie soutenue par la fondation Ismaël du groupe SMTP et le groupe Sipromad et au cours de laquelle une minute de silence a été consacrée à Anil Pala, un membre important de la communauté indienne à Madagascar.
Mais au-delà de la forte présence d’une communauté indienne à Madagascar, ce sont les valeurs portées par Gandhi qui en font un icône dans le monde entier, et à Madagascar. Toute sa vie, Mohandas Karamchand Gandhi s’est battu contre l’injustice, mais jusqu’au bout, son combat est resté non-violent. En 1909, il a développé dans un livre, le Hind Swaraj, sa théorie du combat par la non-violence ou le satyagraha.
C’est en Afrique du Sud, où il exerce en tant qu’avocat, que Gandhi côtoie de façon brutale l’intolérance et le racisme. Arrivé dans ce pays en 1893 pour défendre une entreprise indienne , le jeune diplômé des universités britanniques se trouve confronté à la discrimination raciale. Les Noirs et les Indiens n’y jouissent pas de leurs droits civiques. En 1894, dès qu’il a gagné le procès pour lequel il était venu, il décide de s’engager. Commence alors un combat pacifique qui ne s’arrêtera plus qu’à sa mort en janvier 1948.
En Afrique du Sud, Mohandas Karamchand Gandhi voulait faire comprendre aux Indiens qu’il fallait s’unir. Il se lance alors dans un combat de résistance non violente et de non-coopération avec les autorités sud-africaines qui va durer 20 ans. Sa lutte lui vaudra même six mois de prison en 1906 lorsqu’une nouvelle loi ségrégationniste est votée au Transvall. Il ne s’arrête pas pour autant et finit par obtenir des résultats en 1914.
Cette année-là, il décide de revenir en Inde, territoire alors occupé par les Britanniques. Le désir d’indépendance y est grand, mais la première guerre mondiale étant survenue, Gandhi conseille à ses compatriotes de combattre auprès de la Grande Bretagne. Quatre ans plus tard, alors que la Guerre mondiale touche à sa fin sans que la situation en Inde ne change, il lance de nombreux boycotts et manifestations non-violentes contre l’augmentation des taxes. Les Indiens décident alors de l’appeler Mahatma, le bapu (le père)
Boycott et prison
Malgré le caractère non-violent du mouvement, les forces armées vont néanmoins tirer sur la foule le 13 avril 1919. Le bilan est lourd : 300 morts et plus de 1 000 blessés. Le Mahatma Gandhi suspend immédiatement le satyagraha.
En 1920, il repense ses moyens d’action et appelle au boycott de produits textiles européens. Ce qui lui vaut la prison. En mars 1930, il lance sa marche du sel contre la taxe salière, et des milliers d’Indiens marchent sur une route longue de 400km pour protester et aller chercher leur propre sel jusqu’à la mer. Les Britanniques emprisonnent 60 000 personnes à la suite de cette manifestation, mais finissent par accorder à l’Inde une indépendance partielle en 1935.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale débute en 1939, Gandhi estime que l’Inde ne peut participer aux combats étant donné qu’on refuse la liberté démocratique à son pays. Il rédige alors un texte, connu sous le nom de Quit India, dans lequel il ordonne aux Britanniques de quitter au plus vite l’Inde. Il relance le mouvement de désobéissance civile.
Des émeutes éclatent, et il est mis en prison. Arrêté en 1942, il est libéré pour raison de santé. Lorsque la guerre prend fin, les Britanniques indiquent que l’Inde sera bel et bien déclarée indépendante. Ce qui fut fait en 1947, mais au prix d’une partition que le Mahatma n’approuve pas.
La lutte pour l’indépendance s’achève mais Gandhi poursuit son combat pour que cessent les violences communautaires. Il décède à 79 ans, abattu par balles par un hindou nationaliste, Nathuram Godse. Sa mort provoque une émotion internationale. À Delhi plus de deux millions d’indiens assisteront à ses funérailles.













