Saluons l’initiative «Kopakelatra». Les mots «écoresponsabilité» et «préservation de l’environnement» faisaient partie du «discours» courant. Il manquait un autre mot, exemplarité, à l’œuvre.
Les anciennes brasseries, désormais STAR tout court, ont pris l’initiative de la collecte des bouteilles plastiques vides auprès de 24 points, en supermarchés (Jumbo Score, Supermaki, Leader Price, Shoprite, Shop Liantsoa) et stations-service (la liste sur kopakelatra.star.mg).
La démarche est vertueuse rien que par le peu d’éducation qu’elle induit : être sensibilisé au problème, en prendre conscience, faire l’effort en conséquence. Nous avons tous déjà vu ces bouteilles en plastique que charrient les égouts à ciel ouvert : leur voyage dans les eaux huileuses et glauques d’Andriantany est une pollution absolue qui n’a rien de la poésie d’une bouteille à la mer; un mot confié au courant ou aux vagues et qui s’en va rencontrer le hasard. Certaines bouteilles ont été trouvées au bout de 50 ans d’errance. D’autres après avoir parcouru la moitié de la Terre, en l’occurrence les océans. Et un petite détail qui fait la grande différence de sympathie : ce sont des bouteilles en verre.
Le degré de dégradation associé au temps de dégradation serait plus favorable à une bouteille de bière, qui peut certes encombrer le paysage jusqu’à 4000 ans mais se décomposer en portant moins préjudice à la nature grâce aux matières premières «naturelles» (sable et calcaire) qui sont les ingrédients du verre ; en revanche, la bouteille d’eau minérale en plastique, très majoritairement à base de pétrole, se dégrade dix fois plus rapidement mais laisse une empreinte moins naturelle.
Pour acquérir une bonne conscience écolo, on pourra toujours énumérer les produits en plastique, qu’on se promet d’éviter, mais dont on se passe cependant difficilement au quotidien, et dès le réveil : rasoir jetable qui n’a de métallique que ses lames multiples, tube de dentifrice, gel douche, shampooing, boîte de coton-tiges, capuchon de déodorant. Ma fiole de Noni, mon sachet de sésame noir, mon gingembre en poudre conditionné en multiples sachets de 7500 mg… Le tout-plastique conspire à nuire à la nature.














