Antananarivo, 15 Juillet, 12h57 – Un gros trou dans la caisse. Selon la Jirama, le montant des factures impayées à la compagnie depuis 2017 s’élève à ce jour à 210 milliards. Ces factures concernent toutes les catégories de clients de la Jirama, explique Rivo Radanielina, directeur géneral par intérim de la société d’Etat. Elles concernent aussi bien les particuliers que les entreprises, poursuit-il. » 30% des clients de la Jirama ne paient pas convenablement leur facture », s’indigne Rivo Radanielina. « Et cela est considérable au vu des 600.000 abonnés de la Jirama », ajoute-t-il.
Ces factures impayées constituent un gros manque dans les caisses de la Jirama, expliquent les responsables. « Plus de 200 milliards, c’est immense car cela représente aussi environ 30% des 750 milliards de chiffre d’affaire annuel de la Jirama », souffle Solo Andriamanampisoa, président du conseil d’administration de la Jirama.
En plus des factures impayées la Jirama reste aussi victime de vols d’électricité et de fraude de tous types. Les pertes liées à ces infractions s’élèvent pour leur part aujourd’hui à 100 milliards d’ariary par an, explique la Jirama. La plus grosse part des pertes sont décelées chez les clients en moyenne tension, soit les entreprises, selon les responsables. D’autres types de fraudes sont aussi détectés chez les clients de la basse tension, soit les particuliers qui font « de la surconsommation » ou « qui présentent zéro consommation », explique le PCA.
Outre les pertes financières, les fraudes ont aussi des impacts sur la qualité des services offerts par la Jirama, déplorent les responsables à cause du manque à gagner qui ne lui permet pas d’améliorer ses services. Ceux-ci citent, entre autres, la multiplication des pannes ou le dysfonctionnement des transformateurs.
Pour lutter contre ces phénomènes la Jirama a mis sur pied deux tasks force, lancées officiellement ce vendredi. « La Task Force recouvrement » réunit les directions commerciales afin de réclamer les factures impayées tandis que la « Task Force ratissage » réunit la direction de lutte contre les fraudes et inspection, la direction commerciale et les directions techniques qui vont déceler les différentes infractions.
« Ces tasks force agiront fort et vite comme des commandos », avertit Rivo Radanielina. » La Jirama ne reculera devant rien cette fois dans cette lutte », indique Solo Andriamanampisoa qui appréhende déjà les interventions ou les leviers de boucliers qui ne manqueront pas de survenir.














