Des chercheurs malgaches ont mis en place un processus pour produire du bioéthanol à partir de l’amidon de manioc. Le projet est en phase de test.
Le manioc n’est pas seulement un aliment nourrissant. Il peut aussi être source d’énergie. Transformée, cette plante appartenant à la famille des euphorbiacées permet d’obtenir du bioéthanol. Des travaux dans ce sens ont été présentés par l’école doctorale de la science de la vie et de l’environnement au campus de l’Université d’Antananarivo lors de la quatrième édition du salon de la recherche au service de l’économie et de l’emploi qui s’y est tenu les 6 et 7 septembre derniers.
Le manioc a été choisi comme matière première en raison de sa haute teneur en amidon et la qualité de celui-ci. « L’hydrolyse de l’amidon de manioc permet la libération des sucres fermentescibles pouvant être transformé en bioéthanol après distillation. », explique un spécialiste au sein de l’établissement. Mélangée avec de l’acide sulfurique, de l’acide chlorhydrique, du sucre et levure, la farine de manioc se fermente pour donner, après distillation, du bioéthanol qui a plusieurs utilités.

L’éthanol est un biocarburant fabriqué à partir des végétaux amylacés comme le manioc. Il est essentiellement utilisé comme carburant, mais aussi comme combustible. Son utilisation permet, en outre, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % jusqu’à 70 % par rapport à l’essence. Son prix, par ailleurs, est largement plus faible comparé au carburant fabriqué à partir du pétrole.
Partenariat
« Avant de conceptualiser ce projet, nous avons étudié ses bienfaits pour que toute la population puisse jouir de cette innovation »
Mais le bioéthanol à base de manioc devrait surtout permettre la création d’emplois si le secteur se développe. Toutes ses qualités font de ce biocarburant une alternative propre, permettant également d’améliorer le pouvoir d’achat de la population. « Avant de conceptualiser ce projet, nous avons étudié ses bienfaits pour que toute la population puisse jouir de cette innovation », explique le professeur Danielle Rakoto, responsable de la biodiversité et santé à l’école doctorale de la science de la vie et de l’environnement.
Le bioéthanol de manioc n’est pourtant pas encore sur le marché. Le manque de financement pour développer les recherches et les difficultés de trouver les débouchés pour écouler le produit constituent souvent les principaux obstacles au développement d’un secteur, mais cela ne devrait pas être le cas du bioéthanol. « Nous sommes encore en phase de test », souligne le Pr. Danielle Rakoto pour expliquer que le produit ne soit pas encore sur le marché. Avec l’appui des partenaires privés rencontrés dans le cadre du salon de la recherche au service de l’économie et de l’emploi, certains problèmes devraient facilement être levés.














