Antananarivo, 19 Septembre, 16h55 – “Je suis choqué d’apprendre le niveau de la subvention affectée par l’Etat pour la Jirama”, réagit Akinwumi Adesina par rapport au transfert annuel qui tourne autour de 250 millions de dollars. Le président de la Banque africaine de développement (BAD) juge cet appui financier “excessif”. Il a soulevé cette question dans son discours lors de l’ouverture de l’Assemblée générale des actionnaires de l’Africa 50.
Le président de la République, Andry Rajoelina, lui-même, admet que “la situation énergétique à Madagascar est insoutenable”. Le chef de l’Etat explique cette situation par le fait que la production d’énergie de la Grande île repose principalement encore sur des centrales thermiques. “Cette dépendance au thermique a un coût économique énorme pour notre pays”, soutient-il.
Andry Rajoelina détaille que le coût réel du kilowattheure produit est de 1 200 ariary, l’équivalent de 25 cents de dollar. Alors que le prix de vente au public est de 10 cents de dollar. “Cela signifie donc que l’Etat doit combler les 15 cents de dollar. Et cette différence comblée par l’Etat représente un déficit annuel de 250 millions de dollars”, expose-t-il.
Le président de la République explique alors que le fardeau financier pour Madagascar risque de s’accroître chaque jour avec une telle situation. Aussi, il soutient que “nous ne pouvons plus nous permettre de perdre du temps”. Et que “il est impératif d’optimiser les investissements vers une transition énergétique dans les projets hydroélectriques, dont les études ont déjà été menées”, avance-t-il.
Miser sur les énergies renouvelables, dont sur l’hydroélectricité, permettra d’éliminer progressivement les subventions coûteuses de l’État pour la Jirama, plaide Akinwumi Adesina. La BAD est d’ailleurs un partenaire clé de Madagascar dans ce domaine, qui a mobilisé plus de 431 millions de dollars pour améliorer l’accès à une énergie moderne, durable et abordable, rapporte-t-il.
Pour le président de la BAD, le projet hydroélectrique de Sahofika devrait être l’actif de production de base verte de référence dans le bouquet énergétique du pays. Celui-ci permettra, selon lui, de ramener la part de la production thermique à moins de 10 %, réduisant ainsi le coût de production du pays de plus de 30 %.
Il souligne également le projet hydroélectrique de Volobe, qui permettra de créer 1 000 emplois directs pendant la phase de construction. Une fois achevé, cette centrale augmentera la capacité de production d’électricité du pays de 20 %, fournissant une énergie fiable et abordable à plus de deux millions de citoyens malgaches et permettra à la Jirama d’économiser 100 millions d’euros par an, rappelle-t-il.














