Madagascar National Parks (MNP) tire la sonnette d’alarme. L’association qui gère et conserve le réseau de parcs et réserves dénonce l’arrivée et l’entrée de migrants à l’intérieur du parc national d’Ankarafantsika, sur la Route nationale 4 (RN4) pour y cultiver du maïs et des haricots.
« Depuis le mois d’Août 2018 jusqu’à aujourd’hui, environ deux à trois cars en provenance du Sud arrivent par semaine aux alentours d’Ankarafantsika », a lancé Jaotera, directeur du parc. « Des patrons ( collectionneurs de maïs) les invitent à grossir les rangs de l’équipe de mains d’œuvre qui défriche le Parc national d’Ankarafantsika, dans le but de pratiquer des cultures de maïs et d’haricots », a-t-il poursuivi.
À entendre Jaotera, entre 100 et 150 personnes débarquent chaque semaine à Ankarafantsika. « Ils n’ont pas de maison et s’installent sur les bordures du parc. Ils défrichent la terre le long de celui-ci pour produire du charbon, puis cultivent du maïs dont le prix flambe actuellement », détaille-t-il. La superficie des terres défrichées puis cultivées, recensée au début de l’année, a atteint un peu moins de 70ha, soit le double de l’année dernière.
La direction du parc d’Ankarafantsika laisse entendre son impuissance face à la situation. Elle est composée de 52 employés dont 27 agents de surveillance, pour un parc terrestre de près de 135 000 Ha. « Nous ne sommes pas armés pour faire face à cette invasion. Nous faisons appel à des éléments des forces de l’ordre pour faire appliquer la loi, autorisant la destruction des cultures illicites au sein du parc », soutient Jaotera. Entre janvier et février, près de 30 Ha de cultures ont été détruites. Mais la mesure ne dissuade pas pour autant les planteurs.
La pratique de l’agriculture à l’intérieur du parc national, n’est pas sans impact sur le site qui est une destination touristique grâce , entre autres, au taux élevé de l’endémicité de sa faune. « Le défrichement (…) accélère le processus de savanisation, la baisse de fertilité du sol et l’ensablement des bas-fonds de la plaine rizicole de Marovoay », explique Jaotera. La direction du Parc national d’Ankarafantsika tente de sensibiliser l’opinion sur les méfaits de la pratique au niveau des habitants, mais également auprès des sociétés acheteuses de maïs. Elle porte également l’affaire à un échelon supérieur en entamant une démarche auprès de la région de Boeny afin de trouver une solution.














