Antananarivo, 23 Mai, 18h10 – Les jeunes au pair doivent désormais aussi se soumettre aux procédures exigées aux travailleurs migrants. Dans une note de rappel des procédures de sortie du territoire des travailleurs migrants publiée ce lundi, le ministère des Affaires étrangères classe les « jeunes filles au pair » parmi les personnes qui y sont soumises. Il s’agit, souligne le ministère, de mesures destinées à « les protéger des traites des personnes transnationales ».
Les procédures incluent, entre autres, l’obtention d’un visa au préalable du contrat de travail signé par les deux parties à l’ambassade de Madagascar dans le pays de destination, le passage au ministère de la Sécurité publique pour une enquête de moralité et examen de situation, le visa du contrat de travail et du billet d’avion auprès de la direction de la diaspora du ministère des Affaires étrangères et la préinscription consulaire auprès de la direction de la diaspora.
Le communiqué du ministère intervient alors que de nombreux jeunes au pair qui devaient embarquer ces derniers jours ont été refoulés à l’embarquement pour ne pas avoir suivi les procédures indiquées. D’autres, mis au courant des mésaventures de leurs camarades, se sont renseignés et se sont heurtés à des procédures souvent difficiles à réaliser dans les délais dont ils disposent avant leur départ. Selon le ministère, « toutes les étapes prévues doivent être faites 15 jours avant le départ ».
Jusqu’ici, les jeunes au pair n’avaient pas besoin d’avoir une autorisation ou un quelconque visa de sortie des autorités malgaches pour pouvoir quitter le pays. « On devait juste déposer un dossier de demande de visa auprès de l’ambassade du pays concerné, et une fois le visa obtenu, on pouvait embarquer », confie une jeune au pair.
« Les jeunes au pair ne sont pas des travailleurs », souligne d’ailleurs une jeune au pair résidant en Europe. « Nous sommes logés, nourris et blanchis au sein d’une famille d’accueil et recevons de l’argent de poche en échange d’une aide dans les tâches ménagères légères », poursuit-elle. Notre interlocutrice refuse de parler de salaire et ne se considère pas comme une employée. « Les aides que j’apporte sont comme celles que je ferai si je vivais chez mes parents », précise-t-elle encore. Elle explique que le séjour au pair est un programme d’échange culturel et linguistique plutôt qu’un travail migrant.














