Antananarivo, 25 Mai, 7h00 – Des mesures qui se veulent préventives et de protection. Les ministères en charge du Travail et des Affaires étrangères ont expliqué lundi que l’objectif de l’Etat, en adoptant des mesures préalables au départ des jeunes au pair à l’étranger, est de les protéger. « Il est du devoir du ministère de se préoccuper des conditions de travail des citoyens malgaches qui partent travailler à l’étranger », souligne Gisèle Ranampy, ministre du Travail, de l’emploi, de la fonction publique et des lois sociales, en marge d’une Table ronde sur l’emploi.
En conférence de presse, Tahirimiakadaza Ratsimandao, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, rappelle « les nombreuses plaintes que l’Etat reçoit de la part des travailleurs migrants victimes de maltraitance par les employeurs ». « Le ministère ne veut nullement empêcher les citoyens de travailler à l’étranger, au contraire, nous les y encourageons », poursuit le secrétaire général du MAE. « Mais il est du devoir de l’Etat de les protéger et de défendre leurs intérêts », ajoute-t-il.
Du côté des jeunes au pair qui préparent leur départ ou qui n’ont pas pu embarquer pour non-respect des procédures imposées par l’Etat, le discours est le même. « Les jeunes au pair ne sont pas des travailleurs », ont-ils indiqué à la presse. Ils évoquent un « statut international reconnu par de nombreux pays » et parlent d’un « échange culturel entre une famille et un jeune souhaitant effectuer un bain de langue dans son pays d’accueil ». Ils insistent qu’ils perçoivent de l’argent de poche et non de salaire en échange des menues aides qu’ils apportent à leur famille d’accueil. Ils y sont également logés, nourris et blanchis.
Mais l’argument est réfuté par le MAE qui indique que « selon la loi malgache, les jeunes au pair sont des travailleurs parce qu’il existe un contrat clair entre le jeune et l’employeur ». Jessie Razafison, directrice de la diaspora, précise que « ces jeunes perçoivent un salaire et ne peuvent pas s’inscrire dans une université mais plutôt dans un centre d’apprentissage de la langue suivant les horaires décidés par l’employeur ». « Ils n’y entrent pas non plus avec un visa étudiant », insiste la responsable.
De nombreux jeunes au pair qui sont sur le point de partir s’inquiètent de ne pas pouvoir le faire alors qu’ils ont déjà leur billet et leur visa de séjour. Certains autres qui allaient déjà embarquer n’ont pas pu prendre l’avion à la dernière minute la semaine dernière en raison de l’absence des différents visas et autorisations émanant des autorités malgaches. Outre les autorisations et les visas délivrés par les ministères en charge du Travail et des Affaires étrangères, il est également exigé des candidats au travail migrant, dont les jeunes au pair, les résultats d’une enquête de moralité effectuée par le ministère de la Sécurité publique.














