Antananarivo, 30 Août, 13h35 – Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) ou Global Environment Facilty (GEF) prépare un nouvel outil financier destiné à soutenir la protection de la biodiversité en Afrique. L’organisation veut lancer des “obligations biodiversité”, qui pourraient générer jusqu’à 1,5 milliard de dollars. Ce mécanisme vise à répondre au recul des financements publics.
Madagascar, reconnu pour ses espèces endémiques tels que les lémuriens, figure parmi les pays concernés. Les investisseurs privés apporteraient les fonds, et le remboursement des États serait modulé en fonction des résultats concrets obtenus dans la préservation des écosystèmes et la lutte contre le braconnage.
Ce modèle a déjà été expérimenté dans plusieurs pays africains, notamment pour les rhinocéros en Afrique du Sud et les chimpanzés au Rwanda. À Madagascar, les premiers projets pilotes autour des lémuriens ont démontré l’efficacité de ce type d’approche. Fort de ces résultats, le FEM souhaite étendre le dispositif à grande échelle, avec un investissement de départ de 150 millions de dollars, destiné à mobiliser bien plus grâce à un effet de levier. Le système permet aux États de financer la conservation sans alourdir leur dette publique.
Pour Madagascar, l’enjeu dépasse la seule protection des espèces emblématiques. Les obligations pourraient à terme couvrir des écosystèmes entiers, tels que les forêts tropicales, les zones humides ou encore les mangroves, qui jouent un rôle vital dans la régulation climatique et la sécurité alimentaire. Le FEM, déjà actif sur le continent à travers 7,7 milliards de dollars de programmes, ambitionne d’intégrer ce nouvel outil financier dans son prochain cycle de financement, afin de sécuriser des ressources stables et durables pour la conservation.
Cette orientation intervient alors que les financements traditionnels sont fragilisés par le désengagement de certains bailleurs, notamment les États-Unis, qui avaient contribué 700 millions de dollars lors de la dernière mobilisation. Dans ce contexte incertain, Madagascar et d’autres pays africains voient dans les obligations biodiversité une option crédible pour maintenir leurs efforts de conservation. La réussite dépendra toutefois de la rapidité à identifier les priorités, à structurer les projets et à rassurer les investisseurs sur les impacts mesurables et durables.














