Antananarivo, 1er Décembre, 6h30 – Le programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme. « Le Sud de Madagascar est au bord d’une catastrophe humanitaire », alerte-t-il dans un communiqué publié lundi. Les derniers chiffres à sa disposition fait état de « 1,5 million de personnes touchés par la faim de crise ou d’urgence », les phases 3 et 4 de l’insécurité alimentaire. Il s’agit de « la moitié de la population de la région », souligne l’agence des Nations unies. « Un nombre trois fois plus élevé que prévu au milieu de l’année », ajoute-t-elle.
En Mai 2020, le cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire avait évoqué le chiffre 1,620 million de personnes en situation d’insécurité alimentaire dont 554000 se trouvent en situation d’insécurité alimentaire sévère. La dernière évaluation effectuée en Octobre rapporte ainsi que même ceux qui étaient en phase de stress alimentaire sont actuellement en phase de crise et d’urgence, faisant passer de 554 000 à plus d’1,5 million le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère.
Pour faire face, le PAM fait appel à un « soutien urgent des donateurs, dès maintenant, avant qu’il ne soit trop tard ». « La situation du Sud du pays exige une réponse urgente », martèle Moumino Ouedraogo, représentant du PAM à Madagascar, cité par le communiqué. L’organisation évalue à « 37,5 millions de dollars » ses besoins financiers « pour intensifier rapidement sa réponse et empêcher que le taux de malnutrition infantile – déjà parmi les plus élevés du monde – ne s’aggravent davantage ». Elle indique qu’avec les ressources actuelles, elle ne pourra atteindre qu’un demi-million de personnes d’ici Décembre.
Le PAM rappelle que cette situation est, entre autres, due à « trois années consécutives de sécheresse qui ont anéanti les récoltes et entravé l’accès à la nourriture, ainsi que la pandémie de Covid-19 qui aggrave fortement les souffrances de la population ». Faute de nourriture suffisante, les familles se rabattent souvent sur « les mangues crues et le tamarin », rapporte le PAM. « Elles vendent leurs biens les plus précieux, tels que le bétail, les outils agricoles et les ustensiles de cuisine » pour faire face. Par ailleurs, « trois enfants sur quatre quittent l’école pour aider leurs parents à chercher de la nourriture », ajoute-t-il.
Dès les premières alertes, les autorités nationales et locales se sont mobilisées pour faire face à l’insécurité alimentaire. Des initiatives privées, telles que l’opération Mahakama Ho An’NyAtsimo, mises en œuvre par la Banque alimentaire de Madagascar et l’ONG Bovima ainsi que plusieurs autres sociétés et partenaires, ont également vu le jour pour apporter des aides d’urgence aux ménages des zones touchées.
Les aides jusqu’ici apportées aux habitants du Sud restent pourtant insuffisantes compte tenu de l’ampleur du problème auquel la région est confrontée. La dizaine de camions chargés de vivres, de farine améliorée Koba Fenosoa et de maïs concassés entre autres, ainsi que de citernes déjà envoyés dans le Sud par les initiateurs de l’opération Mahakama Ho An’Ny Atsimo en partenariat avec l’association Fitia ne couvrent qu’une infime partie des besoins et n’atteignent qu’un nombre limité des ménages touchés par le phénomène.
Mahakama Ho An’Ny Atsimo
ONG Bovima – BNI : 00005 00007 72162960001 57
M’Vola : 0 34 70 558 07
Orange Money : 032 44 295 09
Les donateurs et les partenaires de la Banque alimentaire de Madagascar : ONG Bovima, Département de la Réunion, Département de Mayotte, Groupe SMTP, Médecins de l’Océan Indien, Association Fitia, Groupe ENAC, Groupe KHIMDJEE, MAEVA Group Mozambique, Ravate Réunion, HV Fondation, Association Cizama
Les membres de la Banque alimentaire de Madagascar : Programme alimentaire mondial, Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), Lions Club International
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