Maminiaina Ravatomanga n’est pas attendu à Madagascar avant que la justice mauricienne n’en ait fini avec son dossier. La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, assure que Madagascar ne demandera l’extradition de l’homme d’affaires qu’une fois les procédures judiciaires en cours à Maurice achevées. Ce qui n’empêche pas les autorités judiciaires malgaches de lancer elles-mêmes leurs enquêtes. La ministre indique avoir emmené des enquêteurs dans sa délégation pour que ceux-ci puissent entendre et auditionner le président directeur général du groupe Sodiat dans le cadre de leurs propres investigations.
En conférence de presse, puis au cours d’une interview accordée au journal mauricien défimédia.info, Fanirisoa Ernaivo soulève que la législation mauricienne ne permet pas l’extradition d’une personne tant que des enquêtes ou des procédures judiciaires sont encore en cours sur son territoire. “L’extradition n’interviendra qu’après condamnation, conformément à la loi mauricienne”, indique-t-elle.
Madagascar se dit ainsi disposé à attendre l’issue des investigations menées par les autorités mauriciennes avant de formuler une demande officielle. “Il peut rester à Maurice le temps nécessaire afin que la vérité puisse être établie”, précise encore la ministre. “Comme il y a des enquêtes judiciaires à Maurice, nous ne sommes pas pressés de le rapatrier à Madagascar”, souligne-t-elle, insistant que cette extradition ne devrait se faire qu’à Madagascar et non vers un autre pays.
Mais en attendant, les autorités malgaches entendent bien poursuivre les enquêtes sur l’homme d’affaires. A en croire la ministre, une équipe d’enquêteurs se trouve également à Maurice afin d’exécuter une commission rogatoire internationale. L’idée, assure-t-elle, est de respecter le droit de la défense et le principe du contradictoire dans le cadre de l’instruction du dossier par les autorités judiciaires malgaches. Elle évoque des investigations menées conjointement avec les autorités judiciaires mauriciennes, dans le cadre de l’entraide judiciaire et des accords bilatéraux conclus entre les deux pays en 2019, et que les deux parties envisagent de renforcer.
Selon Fanirisoa Ernaivo, Maminiaina Ravatomanga fait l’objet de plusieurs enquêtes à Madagascar. Celles-ci portent notamment sur des infractions financières, notamment des faits présumés de fraude, d’évasion fiscale, de détournement de fonds publics et d’abus d’influence, liés entre autres à des activités d’exportation et à l’utilisation de sociétés, indique-t-elle. Elle rappelle également que le PDG du groupe Sodiat est également cité dans le dossier relatif à l’immatriculation provisoire de Boeing 777 envoyés en Iran, une affaire qui, selon elle, implique plusieurs juridictions dans le monde.
Photo : Ministère de la Justice














