Chômage technique inévitable, suppression progressive de milliers de postes, impacts sur les sous-traitants et ralentissement des exportations. Les conséquences sociales et économiques de l’incertitude liée au statut de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa) à Madagascar, révélées par le Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) sont lourdes. La situation se traduit par une réalité sociale brutale, avec 7 000 employés en entreprises franches déjà placés en chômage technique, confie à la presse le président de ce Groupement, Hery Lanto Rakotoarisoa, ce mercredi.
Le secteur textile, avec près de 180 000 emplois en 2025, traverse ainsi une crise majeure liée au retard du renouvellement de l’Agoa depuis septembre 2025. Ces milliers d’employés ont déjà été placés en chômage technique en raison du manque total de visibilité. L’incertitude liée au statut de l’Agoa avait entraîné un tarissement des commandes et une baisse des activités. L’effet de latence industriel est tout autant important, surtout que la campagne du textile se prépare un an à l’avance. Les commandes pour l’année 2026 auraient dû être sécurisées et planifiées dès 2025, note Hery Lanto Rakotoarisoa.
L’érosion de la trésorerie est également une des causes de la paralysie. Depuis le 30 septembre dernier, les entreprises ont tenté de maintenir leur présence sur le marché par tous les moyens. Pour rester compétitives, beaucoup ont choisi de prendre à leur charge la surtaxe de 15 % imposée à Madagascar, afin que les acheteurs ne paient que la taxe normale. Cet effort financier a épuisé leurs fonds de roulement, expose le président du GEFP.
À cause de ce manque de perspectives, la majorité des activités de production sont actuellement à l’arrêt. “Si quelques unités tentent de maintenir un semblant d’activité, nous redoutons fortement une vague persistante de suspensions de contrats”, déplore-t-il.
Face à cette urgence, le GEFP appelle alors à des mesures immédiates, dont le remboursement par l’Etat des crédits de TVA dus aux entreprises franches, l’assouplissement des procédures de chômage technique, et l’implication des plus hautes autorités pour renforcer la coopération bilatérale avec les États-Unis. Le groupement insiste aussi sur la nécessité d’une rencontre rapide avec le Président de la Refondation de la République et lance un appel à la solidarité nationale afin de surmonter cette période d’incertitude.














